D’après ces informations, un haut responsable du renseignement égyptien, Ahmed Abdel Khalek, chargé notamment du dossier palestinien, a conduit plusieurs missions confidentielles dans différents pays africains afin de contrer le développement de relations entre des acteurs sécuritaires israéliens et les autorités de l’est libyen, dirigées par le maréchal Khalifa Haftar.
Les sources affirment qu’Ahmed Abdel Khalek aurait exercé des pressions directes contre un rapprochement entre des responsables israéliens et les fils de Khalifa Haftar, Saddam et Khaled Haftar, tous deux commandants militaires de premier plan au sein des forces de l’est libyen. Lors d’une visite dans la région, il aurait averti que l’Égypte « ne permettrait aucune extension de l’activité israélienne à sa frontière occidentale ».
Toujours selon ces sources, cette campagne égyptienne s’inscrit dans une stratégie plus large visant à préserver les intérêts du Caire sur le continent africain. Des déplacements auraient notamment eu lieu en janvier en Libye, au Soudan, en Ouganda, au Rwanda, en Érythrée et en Somalie. En Soudan, Abdel Khalek aurait rencontré, aux côtés du chef du renseignement égyptien Hassan Rashad, le général Abdel Fattah al-Burhan, alors que le pays est plongé dans une guerre civile meurtrière.
Les responsables égyptiens redoutent notamment des activités de renseignement israéliennes liées aux conflits régionaux, à la question du Nil, au dossier du barrage éthiopien de la Renaissance, ainsi qu’aux équilibres politiques en Afrique de l’Est.
Ce n'est pas fini. Après avoir soutenu l’apartheid en Afrique du Sud, Israël appuie aujourd’hui les sécessionnistes du Somaliland, favorisant ainsi l’éclatement de la Somalie. Une action qui vise à fragiliser l’idée de l’Union africaine. Le danger lié à la présence sécuritaire et politique d’Israël est donc réel.
L’Égypte, ayant constaté les conséquences de ces manœuvres, mène une diplomatie de sensibilisation auprès de plusieurs capitales africaines afin de protéger le continent contre de futures divisions.
Le choix d’Ahmed Abdel Khalek pour mener ces démarches s’expliquerait par son expérience de longue date dans les échanges sécuritaires avec Israël, en particulier sur les dossiers de Gaza et de la scène palestinienne.