Secrétariat général de l’ONU : Macky Sall face à un nouveau rival africain

Mardi 28 Juillet 2026

Alors que la course à la succession d'António Guterres semblait déjà bien engagée, un nouveau rebondissement est venu redistribuer les cartes. L'Ouganda a officiellement présenté la candidature de son ancien diplomate Olara Otunnu au poste de secrétaire général des Nations unies, quelques jours seulement après les auditions publiques des six prétendants déjà en lice.

La candidature a été transmise le 24 juillet à la présidente de l'Assemblée générale de l'ONU, Annalena Baerbock, ainsi qu'au président en exercice du Conseil de sécurité, le représentant de la République démocratique du Congo, par l'ambassadeur ougandais auprès des Nations unies, Adonia Ayebare.

Âgé de 75 ans et fort d'une longue carrière au sein de l'organisation, Olara Otunnu connaît parfaitement les rouages de l'ONU. Représentant permanent de l'Ouganda entre 1980 et 1985, il a notamment occupé les fonctions de vice-président de l'Assemblée générale avant de devenir, de 1998 à 2005, sous-secrétaire général et représentant spécial pour les enfants et les conflits armés. Sur le plan politique national, il a également dirigé l'Uganda People's Congress (UPC) et été candidat à l'élection présidentielle de 2011.

Une entrée tardive dans la compétition

Cette candidature intervient à un moment où le processus de sélection semblait déjà bien avancé. Le 23 juillet, les six candidats officiellement déclarés avaient participé à une session publique de dialogue interactif organisée à New York par l'Assemblée générale des Nations unies en partenariat avec Bloomberg. Chacun y avait présenté sa vision de l'organisation et défendu son projet pour succéder à António Guterres, dont le mandat s'achève le 31 décembre 2026.

Avant l'arrivée du candidat ougandais, six personnalités étaient en lice : l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique Rafael Grossi, la secrétaire générale de la Cnuced Rebeca Grynspan, l'ancienne présidente de l'Assemblée générale María Fernanda Espinosa, l'ex-ministre guyanaise Carolyn Rodrigues Birkett et l'ancien président sénégalais Macky Sall.

Un nouveau concurrent africain pour Macky Sall

L'entrée d'Olara Otunnu constitue un défi supplémentaire pour Macky Sall, qui était jusqu'ici le seul candidat africain déclaré.

L'ancien chef de l'État sénégalais avait officiellement annoncé sa candidature au mois de mars, sans passer par la procédure de désignation collégiale habituellement privilégiée par l'Union africaine. Une démarche qui avait suscité plusieurs réserves diplomatiques au sein du continent.

Ce n'est que le 20 juillet que le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement apporté le soutien de l'État du Sénégal à la candidature de son prédécesseur, après plusieurs mois d'incertitudes dans un contexte marqué par les évolutions politiques internes.

Les premiers votes attendus

La prochaine étape du processus débute le 30 juillet avec les traditionnels « straw polls », des votes indicatifs organisés à huis clos par les quinze membres du Conseil de sécurité. Ces consultations successives permettront d'identifier le candidat capable d'obtenir au moins neuf voix sans être bloqué par le veto de l'un des cinq membres permanents.

Le futur secrétaire général des Nations unies prendra officiellement ses fonctions le 1er janvier 2027. Avec l'arrivée d'Olara Otunnu, la compétition s'annonce désormais encore plus ouverte, notamment pour Macky Sall, dont la candidature devra désormais composer avec un concurrent africain expérimenté au sein même de l'organisation onusienne.

Avec Jeune Afrique 
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