Saïd Djinnit parle des limites de Doumbouya: «Les militaires ne reconnaissent pas la crise dans laquelle se trouve la guinée »

Samedi 9 Avril 2022

 Chaque samedi, Jeune Afrique invite une personnalité à décrypter les sujets d’actualité. Ancien représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest, le diplomate algérien jette un regard sans complaisance sur les transitions militaires de la région. Le haut fonctionnaire onusien, qui avait pris part aux négociations qui ont mené au retour de l’ordre constitutionnel après le coup d’État de Dadis Camara en 2008, voit dans le putsch du 5 septembre un « retour à la case départ » pour la Guinée, et s’inquiète d’un recul démocratique dans l’ensemble de la sous-région.


"Je note qu’il n’y a pas de visibilité quant à la transition, pas de feuille de route. L’équipe au pouvoir semble vouloir se pérenniser. Ce régime militaire est une mauvaise solution à un vrai problème. Pour moi, la transition doit être la plus courte possible(...)Je regrette que les autorités guinéennes aient refusé Chambas, qui connait très bien l’Afrique de l’Ouest. Le problème se situe dans le déni de crise. Les militaires ne reconnaissent pas la crise dans laquelle se trouve leurs pays. Or ils sont arrivés au pouvoir par la violence", rappelle l'Algérien dans un entretien accordé à nos confrères de Jeune Afrique.

Il ajoute que: "Je n’accepte pas cet argument. Pourquoi ce travail ne pourrait pas être fait par un président élu ? Ce n’est pas la vocation de l’armée de traiter ces questions éminemment politiques. C’est aux partis, à la société civile, d’activer ce genre de réformes. Le cas contraire revient à prendre la démocratie en otage."
Dans la même rubrique :