Russie: le général Valeri Guerassimov prend la tête de l'opération en Ukraine

Mercredi 11 Janvier 2023

La Russie a de nouveau remplacé ce mercredi 11 janvier le commandant de son « opération spéciale » en Ukraine, en nommant le général Valeri Guerassimov, qui était jusqu'ici chef d'état-major des armées. Une annonce émanant du ministère de la Défense. Sergueï Sourovikine devient adjoint et cède ainsi la place au chef d'état-major des armées.


Jamais un commandant d'opération n'avait autant pris la lumière en Russie. Sergueï Sourovikine n'aura pourtant exercé ses fonctions que trois mois.

Sa nomination avait été saluée par l'alliance Kadyrov-Prigojine, contre les généraux de l'armée, aux performances jugées par les deux chefs, mais aussi des blogueurs militaires, en des mots très durs.

Nommé le jour de la frappe contre le pont de Kertch, le 8 octobre dernier, Sergueï Sourovikine est celui qui a assumé depuis le retrait de Kherson, mené la campagne de frappes intenses contre les infrastructures énergétiques de l'Ukraine, lancé la construction de fortifications et de tranchées dans les territoires conquis par la Russie.

Difficile de savoir si son remplacement annonce une nouvelle phase dans le conflit, comme une offensive russe à la faveur du gel récent des sols. Elle marque en tout cas l'arrivée d'un très proche du ministre de la Défense Sergueï Choïgou, qu'on disait sur la sellette. Le clan Choïgou fait-il son retour ?

Elle tombe aussi le jour où Wagner revendique le contrôle de Soledar, première avancée russe depuis des mois, à peine commentée par le ministère de la Défense.



Dans le communiqué de nomination de M. Guerassimov, on peut lire parmi ses tâches « une coordination plus importante entre les types de forces sur le terrain ». Voilà qui peut sonner comme un aveu implicite de manque de coordination, ou comme une reprise en main.

Plus qu'une promotion, beaucoup de commentateurs évoquent un cadeau empoisonné, tant les attentes de Vladimir Poutine sont immenses. Ce mercredi après-midi, le président russe mettait d'ailleurs lui-même en scène son impatience, dans une vidéo conférence avec les membres du gouvernement diffusée à la télévision.

Le chef de l'État y tançait son vice-Premier ministre, coupable à ses yeux de mettre trop de temps à lancer les commandes publiques pour l'aviation militaire, et critiqué en des termes très durs par Ramzan Kadyrov et Evgueni Prigojine.

Après une relative stabilisation du front, des tranchées et des fortifications, l'heure pourrait être à la panification d'une offensive russe. La moitié des mobilisés de l'automne 2022, soit 150 000 hommes, ne serait pas encore entrée en action dans le cadre de « l'opération spéciale ».
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