Risques de catastrophes : Abdou Sané appelle le Sénégal à mieux coordonner ses systèmes d’alerte précoce

Mardi 8 Septembre 2026

Le Sénégal multiplie les initiatives pour renforcer ses mécanismes de prévention et de réponse face aux catastrophes. Mais pour Abdou Sané, géographe-environnementaliste et expert en réduction des risques de catastrophe, le principal défi reste celui de la coordination entre les différents secteurs et acteurs. Dans une contribution consacrée aux systèmes d’alerte précoce multirisques, l’ancien député estime que le pays dispose des atouts nécessaires pour devenir une référence dans ce domaine.

La question de la prévention des catastrophes revient au premier plan après la tenue, du 2 au 4 septembre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, du Forum africain sur l’alerte précoce. Organisée notamment par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR), l’Organisation météorologique mondiale (OMM), la Commission de l’Union africaine, l’Union internationale des télécommunications et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, la rencontre s’inscrit dans le cadre de l’initiative « Alertes précoces pour tous ».

Cette initiative, lancée en 2022 par le secrétaire général des Nations unies, vise à renforcer la protection des populations grâce à des systèmes capables d’anticiper des phénomènes tels que les inondations, les sécheresses, les cyclones, les vagues de chaleur ou encore les incendies.

Dans sa contribution, Abdou Sané met en avant les efforts déjà engagés par le Sénégal. Sous l’impulsion de la Direction de la protection civile, le pays travaille notamment à la mise en œuvre d'un projet de renforcement de la résilience à travers des systèmes intégrés d’alerte précoce multirisques et des approches territoriales fondées sur les risques.

Pour l’expert, système d’alerte et plan de contingence doivent fonctionner de manière complémentaire. « Le système d’alerte précoce déclenche le plan de contingence en signalant l’imminence d’un danger, tandis que le plan fournit la feuille de route opérationnelle pour réagir », explique-t-il.

Ziguinchor et Kaolack parmi les zones exposées

Abdou Sané attire particulièrement l’attention sur Ziguinchor et Kaolack. Le projet de Plan national multirisque 2025-2027 considère ces deux régions comme exposées à plusieurs aléas, notamment les ravinements, les inondations, les feux de brousse et les épidémies. D'où, selon le document, la nécessité de renforcer les mécanismes territoriaux de préparation et de réponse.

C’est dans cette perspective que des ateliers régionaux sont programmés avec l’appui de la Direction de la protection civile et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Celui de Ziguinchor doit se tenir du 8 au 11 septembre 2026, tandis que Kaolack accueillera le sien du 14 au 17 septembre. L’objectif est d’élaborer des plans régionaux de contingence multirisques intégrant des actions anticipatoires.

Ces travaux doivent notamment permettre d’actualiser le profil des risques des régions concernées, d'établir des scénarios de planification, de définir les mécanismes de coordination et les réponses sectorielles, mais aussi d’évaluer les moyens opérationnels et financiers nécessaires.

« Le Sénégal meilleur élève ? Pourquoi pas ! »

Au-delà des dispositifs déjà mis en place, Abdou Sané considère que le Sénégal peut se positionner parmi les pays africains les plus avancés dans la réduction des risques de catastrophe.

« Le Sénégal meilleur élève dans la mise en œuvre de la politique de réduction des risques de catastrophes ? Pourquoi pas ! », soutient-il.

Mais cette ambition reste, selon lui, conditionnée par la capacité des pouvoirs publics à mieux articuler les nombreuses initiatives déjà conduites dans différents secteurs.

« Le seul obstacle à surmonter demeure une meilleure coordination de l’ensemble des initiatives sectorielles : santé, industries, environnement, changement climatique, écosystème, systèmes alimentaires, hydrologie, hydrométéorologie, risques divers… », avertit Abdou Sané.

Il rappelle à ce titre la place centrale du ministère de l’Intérieur dans le dispositif national. « Son statut et son envergure lui confèrent un leadership incontestable », affirme l’ancien parlementaire, qui estime que les différents secteurs et les acteurs non gouvernementaux accomplissent déjà un travail important dans leurs domaines respectifs.


Pour Abdou Sané, l’enjeu n’est donc pas nécessairement de multiplier les structures, mais de parvenir à mieux faire travailler ensemble celles qui existent déjà.

« Pour que l’ensemble de ces efforts soient féconds, il faut obligatoirement une meilleure coordination des actions, plus de mutualisation dans les actions des différents acteurs, une meilleure mise en cohérence des différentes interventions », plaide-t-il.
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