Le départ de Kosmos du projet gazier Yakaar-Teranga continue de susciter de vives réactions dans les milieux économiques et académiques. Dans une analyse critique largement relayée, l’enseignant-chercheur Ibrahim Serge Malou s’attaque frontalement à la communication officielle autour d’une supposée « victoire historique », évoquant plutôt une série de pertes et de conséquences lourdes pour l’économie nationale.
D’entrée, il invite à dépasser le discours politique : « Oublie la com’ de “victoire historique”. Voici la facture réelle que le Sénégal encaisse avec le départ de Kosmos. » Selon lui, la première conséquence est d’ordre financier. « Le Sénégal perd d’abord 5 à 7 milliards de dollars. C’est le montant que Kosmos et BP devaient investir pour développer le champ. PETROSEN n’a pas un franc de cette somme. Résultat : zéro forage, zéro tuyau, zéro centrale. Le gaz reste à 2 500 mètres sous la mer », affirme-t-il.
À cela s’ajoute, poursuit-il, la perte d’investissements déjà réalisés : « Ensuite, 144 millions de dollars d’investissements partent en fumée. (…) Le Sénégal hérite de puits bouchés, pas d’infrastructures. On repart à zéro comme en 2012. Dix ans perdus. » L’analyste insiste également sur le décalage du calendrier de production : « Kosmos visait une production en 2027. Sans opérateur, les experts parlent de 2030 à 2032 au mieux », avertit-il, soulignant que ce retard prolongera une situation énergétique déjà coûteuse.
Sur le plan de l’emploi, le constat est tout aussi alarmant : « 3 000 emplois directs s’envolent (…) et 10 000 emplois indirects », déplore-t-il, évoquant des compétences nationales désormais sans débouchés. Enfin, il pointe un manque à gagner fiscal considérable : « Les recettes fiscales tombent à zéro franc pendant dix ans (…) l’État rate plus de 15 milliards de dollars de revenus sur vingt-cinq ans. »
Des effets en cascade sur l’économie et l’énergie
Au-delà des pertes immédiates, Ibrahim Serge Malou met en garde contre des conséquences structurelles. « Le black-out énergétique est programmé », affirme-t-il, rappelant que le projet Yakaar-Teranga devait permettre de réduire significativement le coût de l’électricité.
« Kosmos parti, le prix de l’électricité ne baissera pas avant 2032 (…) chaque année de retard coûte environ 400 millions de dollars », ajoute-t-il, évoquant un impact direct sur les ménages et la compétitivité des entreprises.
L’universitaire redoute également un signal négatif envoyé aux investisseurs : « Le Sénégal devient toxique pour les investisseurs (…) le message envoyé au marché est clair : “Le Sénégal change les règles et n’accepte pas les modèles rentables”. »
PETROSEN et le défi de la souveraineté énergétique
Dans son analyse, il remet en question la capacité de PETROSEN à porter seule le projet : « On te vend “100% PETROSEN” comme une victoire. La réalité est que PETROSEN n’a jamais opéré un seul champ gazier offshore. » Il met aussi en garde contre ce qu’il qualifie de « piège de la souveraineté pauvre » : « Un gaz sous la mer vaut zéro (…) la souveraineté sans production, c’est la souveraineté de la pauvreté. »
L’enseignant-chercheur établit enfin un parallèle avec le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), mené avec la Mauritanie, où Kosmos est resté impliqué. « Sur GTA (…) le champ produit déjà 2,7 millions de tonnes par an (…) Sur Yakaar-Teranga (…) zéro mètre cube produit », souligne-t-il.
Son verdict est sans appel : « Le 22 avril 2026 n’est pas une “date historique” de victoire. C’est la date où le Sénégal a troqué 7 milliards de dollars d’investissements (…) contre un PDF de licence et dix ans de promesses. » Ibrahim Serge Malou avertit : « La vraie “contrepartie financière”, c’est le retard de développement (…) Ça se verra sur ta facture SENELEC en 2030. »
Voici lintégralité de sa contribution
D’entrée, il invite à dépasser le discours politique : « Oublie la com’ de “victoire historique”. Voici la facture réelle que le Sénégal encaisse avec le départ de Kosmos. » Selon lui, la première conséquence est d’ordre financier. « Le Sénégal perd d’abord 5 à 7 milliards de dollars. C’est le montant que Kosmos et BP devaient investir pour développer le champ. PETROSEN n’a pas un franc de cette somme. Résultat : zéro forage, zéro tuyau, zéro centrale. Le gaz reste à 2 500 mètres sous la mer », affirme-t-il.
À cela s’ajoute, poursuit-il, la perte d’investissements déjà réalisés : « Ensuite, 144 millions de dollars d’investissements partent en fumée. (…) Le Sénégal hérite de puits bouchés, pas d’infrastructures. On repart à zéro comme en 2012. Dix ans perdus. » L’analyste insiste également sur le décalage du calendrier de production : « Kosmos visait une production en 2027. Sans opérateur, les experts parlent de 2030 à 2032 au mieux », avertit-il, soulignant que ce retard prolongera une situation énergétique déjà coûteuse.
Sur le plan de l’emploi, le constat est tout aussi alarmant : « 3 000 emplois directs s’envolent (…) et 10 000 emplois indirects », déplore-t-il, évoquant des compétences nationales désormais sans débouchés. Enfin, il pointe un manque à gagner fiscal considérable : « Les recettes fiscales tombent à zéro franc pendant dix ans (…) l’État rate plus de 15 milliards de dollars de revenus sur vingt-cinq ans. »
Des effets en cascade sur l’économie et l’énergie
Au-delà des pertes immédiates, Ibrahim Serge Malou met en garde contre des conséquences structurelles. « Le black-out énergétique est programmé », affirme-t-il, rappelant que le projet Yakaar-Teranga devait permettre de réduire significativement le coût de l’électricité.
« Kosmos parti, le prix de l’électricité ne baissera pas avant 2032 (…) chaque année de retard coûte environ 400 millions de dollars », ajoute-t-il, évoquant un impact direct sur les ménages et la compétitivité des entreprises.
L’universitaire redoute également un signal négatif envoyé aux investisseurs : « Le Sénégal devient toxique pour les investisseurs (…) le message envoyé au marché est clair : “Le Sénégal change les règles et n’accepte pas les modèles rentables”. »
PETROSEN et le défi de la souveraineté énergétique
Dans son analyse, il remet en question la capacité de PETROSEN à porter seule le projet : « On te vend “100% PETROSEN” comme une victoire. La réalité est que PETROSEN n’a jamais opéré un seul champ gazier offshore. » Il met aussi en garde contre ce qu’il qualifie de « piège de la souveraineté pauvre » : « Un gaz sous la mer vaut zéro (…) la souveraineté sans production, c’est la souveraineté de la pauvreté. »
L’enseignant-chercheur établit enfin un parallèle avec le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), mené avec la Mauritanie, où Kosmos est resté impliqué. « Sur GTA (…) le champ produit déjà 2,7 millions de tonnes par an (…) Sur Yakaar-Teranga (…) zéro mètre cube produit », souligne-t-il.
Son verdict est sans appel : « Le 22 avril 2026 n’est pas une “date historique” de victoire. C’est la date où le Sénégal a troqué 7 milliards de dollars d’investissements (…) contre un PDF de licence et dix ans de promesses. » Ibrahim Serge Malou avertit : « La vraie “contrepartie financière”, c’est le retard de développement (…) Ça se verra sur ta facture SENELEC en 2030. »
Voici lintégralité de sa contribution
YAKAAR-TERANGA : LES VÉRITABLES PERTES DE L’ÉTAT DU SÉNÉGAL ET LES CONSÉQUENCES DÉVASTATRICES
Oublie la com’ de « victoire historique ». Voici la facture réelle que le Sénégal encaisse avec le départ de Kosmos.
1. LES PERTES SÈCHES, IMMÉDIATES, CHIFFRÉES
- Le Sénégal perd d’abord 5 à 7 milliards de dollars. C’est le montant que Kosmos et BP devaient investir pour développer le champ. PETROSEN n’a pas un franc de cette somme. Résultat : zéro forage, zéro tuyau, zéro centrale. Le gaz reste à 2 500 mètres sous la mer.
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- Ensuite, 144 millions de dollars d’investissements partent en fumée. Ce sont les forages payés par Kosmos en 2016 et 2017, que la compagnie a dépréciés. Le Sénégal hérite de puits bouchés, pas d’infrastructures. On repart à zéro comme en 2012. Dix ans perdus.
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- Troisième perte : le calendrier. Kosmos visait une production en 2027. Sans opérateur, les experts parlent de 2030 à 2032 au mieux. Cela fait cinq à sept ans de plus avec une électricité parmi les plus chères d’Afrique.
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- Quatrième perte : 3 000 emplois directs s’envolent. La phase de construction et d’exploitation devait créer 3 000 postes qualifiés et 10 000 emplois indirects selon les études initiales. Chômage pour les ingénieurs, techniciens et sous-traitants sénégalais déjà formés pour rien.
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- Dernière perte chiffrée : les recettes fiscales tombent à zéro franc pendant dix ans. Pas de production signifie zéro taxe, zéro redevance, zéro part de profit. Sur les 20 TCF de réserves, l’État rate plus de 15 milliards de dollars de revenus sur vingt-cinq ans. Pendant ce temps, le budget de l’État continue de saigner pour subventionner la SENELEC.
2. LES CONSÉQUENCES DÉVASTATRICES EN CASCADE
- Première conséquence : le black-out énergétique est programmé. Yakaar-Teranga devait alimenter les centrales de Cap des Biches et de Sendou pour diviser par deux le coût du kilowatt/heure. Kosmos parti, le prix de l’électricité ne baissera pas avant 2032. Conséquence directe : les usines fuient, l’informel explose, le pouvoir d’achat est étranglé. Chaque année de retard coûte environ 400 millions de dollars de surcoût énergétique payé par l’État et les ménages.
- Deuxième conséquence : effet domino. Le Sénégal devient toxique pour les investisseurs. BP s’est p0barré en 2023. Kosmos se barre en 2026. Le message envoyé au marché est clair : « Le Sénégal change les règles et n’accepte pas les modèles rentables ». Résultat : Woodside, Total, les Émiratis vont tripler leurs exigences sur GTA, Sangomar et tous les prochains blocs. Le Sénégal devra brader plus pour attirer.
- Troisième conséquence : PETROSEN est un colosse aux pieds d’argile. On te vend « 100% PETROSEN » comme une victoire. La réalité est que PETROSEN n’a jamais opéré un seul champ gazier offshore. Elle n’a ni les ingénieurs, ni les navires de forage à 500 000 dollars par jour, ni la ligne de crédit pour lever 7 milliards. Sans major, Yakaar-Teranga est un diplôme sans emploi : beau sur le mur, inutile dans la vie.
- Quatrième conséquence : le piège de la souveraineté pauvre. Le gouvernement crie « on a récupéré notre gaz ». Mais un gaz sous la mer vaut zéro. C’est comme être propriétaire d’une mine d’or à cinq kilomètres de profondeur sans pelle. La souveraineté sans production, c’est la souveraineté de la pauvreté. Pendant ce temps, le projet GTA avec la Mauritanie tourne et crache déjà 2,7 millions de tonnes par an de GNL parce que là, Kosmos gagne de l’argent.
- Cinquième conséquence : la facture politique arrivera en 2029. En 2026 on applaudit le retrait. En 2029-2030 quand les délestages continueront et que la facture SENELEC sera toujours à 70 francs le kWh, qui sera responsable ? Le « combat de 10 ans » aura donné dix ans de plus sans gaz. L’opposition ressortira les vidéos de « victoire majeure » pour les transformer en arme.
3. LA COMPARAISON QUI FAIT MAL : GTA VS YAKAAR-TERANGA
Sur GTA avec la Mauritanie, Kosmos reste. Le champ produit déjà 2,7 millions de tonnes par an, depuis 2025. Le gaz est vendu à l’export à 12 dollars le MMBtu. La Mauritanie touche ses millions.
Sur Yakaar-Teranga pour le Sénégal, Kosmos part. Zéro mètre cube produit, horizon 2032. L’État exige 3 dollars le MMBtu pour le marché local. Le Sénégal touche les discours.
Verdict explosif : Le 22 avril 2026 n’est pas une « date historique » de victoire. C’est la date où le Sénégal a troqué 7 milliards de dollars d’investissements et du gaz en 2027 contre un PDF de licence et dix ans de promesses.
La vraie « contrepartie financière » que le Sénégal paie, c’est le retard de développement, la flambée de l’électricité, et la fuite des investisseurs. Ça ne se voit pas dans l’arrêté ministériel. Ça se verra sur ta facture SENELEC en 2030.