Report des travaux du second pont : la colère du Collectif « L'HEURE EST GRAVE »

Mercredi 29 Juillet 2026

Le Collectif « L'HEURE EST GRAVE » est monté au créneau après l'annonce du report de la cérémonie officielle de lancement des travaux du second pont de Ziguinchor. Dans une déclaration, l'organisation estime que cette décision confirme les inquiétudes qu'elle avait exprimées dès l'annonce de la pose de la première pierre par le ministre des Infrastructures, Déthié Fall.


Le collectif rappelle que « le jeudi 30 avril, le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, avait annoncé la pose de la première pierre du second pont entre Tobor et la ville de Ziguinchor au mois de juillet », avant de préciser que « dès le lendemain de cette annonce, nous avions dénoncé aussi bien la démarche que le choix de cette date ».

Engagé depuis plusieurs années dans le plaidoyer pour la construction d'un nouvel ouvrage destiné à remplacer le pont Émile Badiane, le collectif affirme que les événements lui donnent aujourd'hui raison.

« Depuis plus de cinq ans, nous nous battons pour la construction d'un nouveau pont et nous avons appris à reconnaître les fausses promesses. En interne, nous savions parfaitement qu'il était pratiquement impossible de démarrer un chantier d'une telle envergure à Ziguinchor au mois de juillet. Aujourd'hui, les faits nous donnent raison », soutiennent ses membres.

Le Collectif « L'HEURE EST GRAVE » dit avoir pris connaissance du report à travers le communiqué publié par la Direction générale d'AGEROUTE Sénégal.

« Nous avons appris, à travers le communiqué signé par la Direction générale d'AGEROUTE Sénégal, que le ministère des Infrastructures a décidé de reporter la cérémonie officielle de lancement des travaux du second pont de Ziguinchor, initialement prévue le 31 juillet 2026 », indique-t-il.

Pour le collectif, cette décision constitue « un manque de considération envers les populations du Sud, mais aussi envers l'ensemble des Sénégalais qui continuent de vivre quotidiennement avec les risques que présente le pont Émile Badiane ». Il estime que « l'État a le devoir de dire aux populations de la Casamance la vérité, toute la vérité, et de faire preuve de transparence sur ce dossier ».

Revenant sur les différentes annonces faites par les autorités, les membres du collectif rappellent que « Déthié Fall avait annoncé, au mois de novembre 2025, la construction d'un nouveau pont destiné à remplacer celui d'Émile Badiane », avant de regretter que « quelques mois plus tard, il annonçait la pose de la première pierre en juillet, sans jamais préciser la date effective du démarrage des travaux ».

Face à l'état de dégradation avancé de l'ouvrage actuel, le collectif appelle le gouvernement à accélérer le processus.

« Nous demandons au gouvernement de ne plus perdre de temps, car le danger est bien réel. Rien que cette année, deux personnes ont perdu la vie sur ce pont et plusieurs accidents ont causé d'importants dégâts matériels. À cela s'ajoutent les nombreux drames enregistrés au cours des cinq dernières années », alerte-t-il.

Dans l'attente du démarrage effectif des travaux, le Collectif « L'HEURE EST GRAVE » demande la mise en œuvre de mesures immédiates pour renforcer la sécurité des usagers.

« En attendant le démarrage des travaux, nous demandons aux autorités de prendre des mesures d'urgence afin de renforcer les dispositifs de sécurité sur le pont et de réduire les risques d'accidents », plaide-t-il.

Le collectif rappelle également que les plus hautes autorités du pays ont déjà constaté l'état de vétusté du pont Émile Badiane.« Toutes les autorités de ce pays se sont rendues sur place et ont pu constater de leurs propres yeux le niveau de dégradation de cette infrastructure. C'est précisément pour cette raison que nous avions insisté pour que les travaux démarrent avant l'hivernage, une période susceptible de compliquer davantage leur exécution », souligne-t-il.

Enfin, le Collectif « L'HEURE EST GRAVE » insiste sur le caractère citoyen de son engagement. « Notre combat n'est dirigé contre personne. Il est mené dans l'intérêt exclusif des populations et de tous les Sénégalais. C'est pourquoi nous continuerons à réclamer, avec responsabilité et détermination, le démarrage effectif et sans délai des travaux du second pont de Ziguinchor », conclut-il.

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