Rejet de la LFR 2026 : PASTEF accuse le gouvernement d’insincérité budgétaire et soutient ses députés

Mardi 3 Novembre 2026

Le Bureau politique national de PASTEF-Les Patriotes sort du silence après le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale. Dans un communiqué publié ce mardi 3 novembre, le parti apporte son soutien total à son groupe parlementaire et adresse de sévères critiques au gouvernement. Il dénonce notamment des « prévisions irréalistes », un manque de transparence budgétaire et l’absence de mesures suffisantes pour protéger le pouvoir d’achat des Sénégalais.



« L’Assemblée nationale a rejeté, ce 3 novembre 2026, le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l’année 2026, un texte déconnecté des urgences sociales et économiques », affirme le communiqué. Le parti réaffirme son soutien à ses parlementaires, estimant que leur position reste conforme aux engagements politiques pris devant les électeurs.

« Le Bureau politique de PASTEF-Les Patriotes apporte son soutien total à la position de notre groupe parlementaire, conforme aux engagements du Parti et prise dans l’intérêt du peuple sénégalais », souligne-t-il.

PASTEF considère que les chiffres présentés dans le projet de LFR 2026 ne reflètent pas suffisamment la réalité des finances publiques. « Ce projet de loi de finances rectificative souffre avant tout d’un manque de sincérité budgétaire manifeste », accuse le parti.

La formation politique de Ousmane Sonko dénonce également la non-transmission de plusieurs documents qu’elle juge indispensables à un examen sérieux du collectif budgétaire. Parmi les pièces réclamées figurent notamment les rapports d’exécution budgétaire de septembre 2026, le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) ainsi que celui du cabinet Forvis Mazars.

Selon PASTEF, l’absence de ces documents aurait limité la capacité des députés à exercer pleinement leur mission de contrôle. « La présentation de prévisions irréalistes, combinée à la non-transmission de documents essentiels [...] permettant un examen approfondi et rigoureux, prive les représentants du peuple des moyens d’exercer un véritable contrôle démocratique », dénonce le Bureau politique.

Le communiqué va plus loin en mettant directement en cause les intentions du gouvernement. « Ce manque de transparence du gouvernement cherche manifestement à masquer la réalité de choix budgétaires iniques », soutient PASTEF.


Le parti met particulièrement l’accent sur l’inflation, la hausse des prix des produits de première nécessité et la situation des ménages vulnérables. « Sur le plan social, le texte brille par ses limites », relève le communiqué. Selon le Bureau politique, le gouvernement n’aurait pas prévu de dispositifs suffisamment efficaces pour protéger durablement les revenus des ménages. « Alors que l’inflation subie au quotidien continue d’asphyxier les foyers, aucune mesure durable n’est apportée pour préserver le pouvoir d’achat ou contenir la hausse des prix des produits de première nécessité », déplore-t-il.

PASTEF considère également que les mécanismes de solidarité proposés restent insuffisants pour assurer une protection adéquate aux populations les plus exposées à la précarité. « Les ménages se retrouvent délaissés face à la vie chère, tandis que les mécanismes de solidarité, nettement insuffisants, échouent à garantir une protection digne aux couches vulnérables de notre société », affirme le parti.


Autre point de désaccord majeur : les crédits budgétaires consacrés aux secteurs sociaux prioritaires. Le Bureau politique reproche au gouvernement d’avoir diminué les ressources destinées à plusieurs domaines qu’il considère comme essentiels au développement du Sénégal. Les secteurs de la santé, de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’hydraulique figurent notamment parmi les préoccupations soulevées. « Plus grave encore, ce budget opère un recul alarmant en diminuant les ressources allouées aux investissements prioritaires », accuse le communiqué.

Le parti estime que ces arbitrages risquent de compromettre les efforts nécessaires pour améliorer les conditions de vie des populations. « En sacrifiant les crédits destinés à la santé, à l’éducation, à la formation professionnelle et à l’hydraulique, le texte abandonne purement et simplement les piliers fondamentaux du développement et du bien-être de nos concitoyens », poursuit-il.

Le Bureau politique félicite les députés de PASTEF

Malgré les critiques suscitées par le rejet du collectif budgétaire, la direction de PASTEF assume pleinement la position adoptée par son groupe parlementaire. Elle considère que les députés ont fait preuve de responsabilité en refusant de poursuivre l’examen d’un texte qu’ils jugent contraire aux intérêts des populations. « Le Bureau politique félicite le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes pour sa position courageuse, responsable et patriotique, qui consiste à refuser d’abandonner les populations et à mettre l’intérêt du pays au-dessus de tout », insiste le bureau du parti Pastef via communiqué.
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