RDC : plusieurs mercenaires colombiens d’Erik Prince tués au Sud-Kivu, un ancien soldat américain grièvement blessé

Dimanche 11 Octobre 2026

Les opérations militaires menées par les hommes d’Erik Prince, fondateur de la société de sécurité privée Blackwater, connaissent de lourdes pertes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon une enquête du New York Times, plusieurs contractuels colombiens travaillant pour l’homme d’affaires américain ont été tués lors d’un affrontement contre les forces adverses au Sud-Kivu. Cette attaque, distincte de l’embuscade du 17 septembre 2026 qui a fait une vingtaine de morts et de blessés, révèle l’implication croissante de combattants étrangers aux côtés de l’armée congolaise face à la rébellion de l’AFC/M23.


La guerre dans l’est de la République démocratique du Congo continue de mettre en difficulté les forces gouvernementales et leurs partenaires militaires étrangers. De nouvelles révélations du quotidien américain The New York Times mettent en évidence les pertes enregistrées par les contractuels d’Erik Prince, ancien patron de Blackwater, engagés dans les opérations contre les rebelles de l’AFC/M23.

Selon le journal américain, plusieurs contractuels colombiens ont trouvé la mort au début du mois de septembre dans les hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu, où les affrontements se sont intensifiés. Cette opération meurtrière est distincte de l'embuscade du 17 septembre, au cours de laquelle un autre groupe de combattants étrangers accompagnant des soldats congolais a subi d'importantes pertes.

Une embuscade qui fait une vingtaine de morts et de blessés

D'après une enquête de l'agence Reuters publiée le 9 octobre, l'attaque du 17 septembre a fait environ vingt morts et blessés. Parmi les personnes tuées figurent au moins sept ressortissants congolais et Justin Conaglen, un ancien membre des forces spéciales néo-zélandaises. L'ancien militaire américain Tim Kennedy, également connu pour sa carrière dans les arts martiaux mixtes au sein de l'UFC, a été grièvement blessé.

Selon plusieurs sources citées par Reuters, l'ancien membre des forces spéciales américaines a reçu trois balles à la jambe.

Une autre personne travaillant pour l'entreprise de sécurité privée aurait également été blessée.

Les circonstances exactes de cette embuscade restent difficiles à établir. Une source proche du gouvernement congolais a évoqué la possibilité que des forces rwandaises soutenant le M23 aient repéré la position du groupe grâce au suivi d'un drone de surveillance. Cette hypothèse n'a toutefois pas été confirmée de manière indépendante.


L'enquête du New York Times apporte également des précisions sur les difficultés rencontrées pour évacuer les blessés. Tim Kennedy faisait partie d'un groupe de contractuels accompagnant des militaires congolais lorsque l'attaque s'est produite.

Après les premiers échanges de tirs, les responsables de l'organisation d'Erik Prince ont dû rechercher des moyens de transport aérien pour évacuer les victimes.

Selon les témoignages recueillis par le quotidien américain, cette situation a considérablement compliqué les opérations de secours.

Blessé à plusieurs reprises, Tim Kennedy a d'abord été transféré au Burundi avant d'être acheminé vers Johannesburg, en Afrique du Sud, où il a reçu des soins à l'hôpital privé Milpark.

Il a ensuite été rapatrié aux États-Unis pour poursuivre son traitement au Walter Reed National Military Medical Center, près de Washington.

Cet épisode soulève des interrogations sur les moyens d'évacuation sanitaire et le soutien logistique disponibles pour ces unités privées engagées dans des zones de combat particulièrement difficiles d'accès.

Erik Prince, un acteur de plus en plus présent dans la guerre congolaise

Fondateur de Blackwater, Erik Prince s'est progressivement imposé comme un prestataire important du gouvernement congolais dans les domaines de la sécurité et de la protection des ressources minières. À travers sa société Vectus Global, il intervient notamment dans des activités de surveillance, de sécurisation et de lutte contre la fraude dans le secteur minier.

Selon le New York Times, un contrat conclu à la fin de l'année 2024 avec les autorités congolaises porte sur des prestations de sécurité et des services liés aux activités minières, pour un montant de plusieurs centaines de millions de dollars sur cinq ans.

Mais les missions de ses équipes ne se limiteraient plus à la sécurisation économique.

Des opérateurs de drones colombiens et ukrainiens travaillant pour Erik Prince auraient participé à des opérations contre le M23. Ses hommes auraient également contribué aux efforts de l'armée congolaise pour reprendre le contrôle d'Uvira.

Ces interventions illustrent la place croissante occupée par les entreprises militaires privées dans le conflit opposant les forces gouvernementales congolaises aux rebelles de l'AFC/M23.

Une guerre qui dépasse désormais les seuls acteurs congolais

Les pertes enregistrées parmi les contractuels étrangers rappellent la dimension internationale du conflit dans l'est de la RDC.

Aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), plusieurs catégories de spécialistes étrangers interviennent dans les domaines du renseignement, de la surveillance aérienne, de la formation et de la sécurité.

En face, l'AFC/M23 poursuit ses opérations militaires dans une région stratégique, riche en ressources minières et marquée par de profondes tensions entre Kinshasa et Kigali.

Le gouvernement congolais et plusieurs partenaires internationaux accusent le Rwanda de soutenir militairement le M23, ce que Kigali conteste.

Les combats au Sud-Kivu démontrent ainsi les limites et les risques des opérations menées avec l'appui de contractuels militaires étrangers.

Le silence d'Erik Prince et de Vectus Global

Sollicités dans le cadre des enquêtes journalistiques, Erik Prince et les représentants de Vectus Global n'ont pas souhaité commenter les informations relatives aux affrontements et aux pertes subies par leurs équipes.

Le nombre exact de contractuels colombiens tués lors du premier affrontement demeure également à préciser.

Ces révélations interviennent alors que le recours aux entreprises militaires privées soulève de nouvelles interrogations sur leur rôle, leurs responsabilités et leur encadrement dans les conflits africains.

Entre les pertes humaines enregistrées dans les hauts plateaux de Minembwe et l'évacuation difficile de Tim Kennedy après l'embuscade du 17 septembre, les opérations d'Erik Prince en RDC apparaissent désormais confrontées à des risques militaires et logistiques considérables.
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