RDC : Qui était Willy Ngoma, porte-parole de l’AFC/M23 tué dans une attaque de drone ?

Mardi 24 Février 2026

Né en 1974 au Camp Kokolo, à Kinshasa, Willy Ngoma aura traversé plus d’une décennie de conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), jusqu’à devenir l’un des visages les plus connus de la rébellion du M23, aujourd’hui intégrée à l’Alliance Fleuve Congo (AFC).


Issu des rangs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), Willy Ngoma bascule dans la rébellion en 2012, année marquée par la création du Mouvement du 23 mars (M23). Ce mouvement armé, apparu dans la province du Nord-Kivu, s’impose rapidement comme un acteur majeur du conflit dans l’est du pays.

Son ascension médiatique et militaire débute véritablement à cette période. Lieutenant-colonel autoproclamé, Ngoma devient progressivement la “voix” officielle du mouvement, chargé de relayer ses positions, de commenter les opérations militaires et de défendre ses revendications face aux médias nationaux et internationaux.

Après la défaite militaire du M23 en 2013, il s’exile, notamment en Ouganda, comme plusieurs cadres du mouvement. Mais il refait surface fin 2021, lors de la résurgence du groupe armé, s’imposant de nouveau comme son principal porte-parole dans un contexte de regain des affrontements au Nord-Kivu.



Figure centrale de la communication rebelle, Willy Ngoma était aussi un acteur controversé. Il faisait l’objet de sanctions internationales, notamment du Conseil de sécurité des Nations Unies et des États-Unis, pour son implication présumée dans de graves violations des droits de l’homme, dont des meurtres, des enlèvements et le recrutement d’enfants soldats.

Dans certains cercles locaux, il était surnommé « Quickly, Quickly », en référence à son style direct et à sa réactivité médiatique. À travers ses interventions, souvent offensives, il cherchait à imposer le narratif du M23/AFC dans une guerre où la bataille de la communication est devenue presque aussi stratégique que celle menée sur le terrain.



Le 24 février 2026, Willy Ngoma a été tué lors d’une frappe de drone attribuée aux FARDC. L’attaque a visé son convoi vers 2 heures du matin, près de la cité minière de Rubaya, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu).

Sa disparition est considérée comme un coup dur pour la communication stratégique du M23/AFC. Au-delà du chef militaire, c’est surtout le porte-voix du mouvement qui s’est éteint, dans un conflit où l’image, les déclarations et la maîtrise du récit jouent un rôle déterminant.

Avec sa mort, une page se tourne dans la guerre qui secoue l’est de la RDC depuis plus d’une décennie, mais les incertitudes demeurent quant à l’évolution du rapport de force sur le terrain.
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