Comme Exclusif.net l’avait annoncé dès les premières heures du déplacement de Félix Tshisekedi en Israël, les questions militaires et sécuritaires occupent une place importante dans le rapprochement engagé entre Kinshasa et Tel-Aviv. Au-delà de la coopération officielle mise en avant par les deux pays, le président congolais cherche à renforcer les capacités militaires de la RDC face à l’AFC/M23 et à accéder au savoir-faire israélien dans les domaines de la défense, du renseignement et des technologies de surveillance.
Selon les informations recueillies par Exclusif.net, les discussions ne se limiteraient pas au secteur public israélien. Des contacts auraient également été noués avec des entreprises privées spécialisées dans la défense et les technologies sécuritaires. Des commandes de matériels auraient déjà été passées par la partie congolaise. L’objectif prioritaire de Kinshasa reste la guerre dans l’est du pays et la volonté de neutraliser militairement la coalition rebelle AFC/M23, soutenue, selon les autorités congolaises, par le Rwanda.
Mais, selon des sources d’Exclusif.net, Kinshasa s’intéresserait également à des technologies de surveillance pouvant être utilisées dans le domaine de la sécurité intérieure. L’utilisation qui pourrait être faite de ces équipements devra toutefois être suivie avec attention, notamment à l’approche des futures échéances politiques et dans un contexte où la question d’un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi alimente déjà le débat. À ce stade, aucun élément public ne permet cependant d’établir que ces acquisitions seraient destinées à permettre au président congolais de se maintenir au pouvoir.
Une délégation militaire congolaise en Israël dès octobre 2025
La dimension militaire de ce rapprochement ne date pas de la visite présidentielle. Selon des informations publiées par Jeune Afrique, une importante délégation congolaise s’était discrètement rendue en Israël en octobre 2025. Elle était conduite par le chef d’état-major des Forces armées de la RDC, le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe, et comprenait plusieurs généraux ainsi que Kahumbu Mandungu Bula, dit « Kao », conseiller privé de Félix Tshisekedi et familier des dossiers militaires sensibles.
L’un des objectifs de cette mission aurait été de rencontrer des responsables d’Elbit Systems, l’un des principaux groupes israéliens spécialisés dans les technologies de défense.
Depuis plusieurs années, Kinshasa fait également appel à des prestataires privés, dont des sociétés israéliennes, notamment pour participer à la formation de bataillons de la Garde républicaine engagés dans l’est du pays.
Goma et Bukavu ont changé les priorités de Kinshasa
La chute de Goma et de Bukavu a accéléré la volonté de Félix Tshisekedi de reconstruire les capacités opérationnelles de l’armée congolaise. La communication présidentielle autour de ses échanges avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a officiellement insisté sur plusieurs secteurs : agriculture, infrastructures, énergie, nouvelles technologies, mais aussi défense.
C’est ce dernier domaine qui apparaît particulièrement stratégique pour Kinshasa. Les Forces armées congolaises restent confrontées à l’AFC/M23 dans l’est du pays, tandis que des affrontements se poursuivent notamment dans le Sud-Kivu. Le rapprochement avec Israël pourrait donc permettre à la RDC de diversifier ses fournisseurs et ses partenaires militaires.
La situation est d’autant plus intéressante que le Rwanda entretient lui aussi depuis plusieurs années des relations étroites avec Israël, y compris dans le domaine sécuritaire.
Des commandes d’armes et de technologies de surveillance
Selon les informations d’Exclusif.net, les autorités congolaises auraient déjà passé des commandes portant sur des armements lourds et des équipements militaires sophistiqués, ainsi que sur différents systèmes de surveillance.
Certaines technologies recherchées disposeraient de capacités allant bien au-delà de la surveillance classique du champ de bataille. Leur nature précise, les montants engagés et les entreprises concernées n’ont toutefois pas été officiellement rendus publics.
C’est précisément cette partie de la coopération qui demeure la plus discrète.
Israël dispose d’une industrie militaire particulièrement développée dans les secteurs des drones, de l’électronique de défense, du renseignement et des systèmes de surveillance. Pour Kinshasa, confronté simultanément à une guerre dans l’Est et à d’importants défis sécuritaires internes, l’accès à ces technologies représente un enjeu stratégique majeur.
Jérusalem, un dossier diplomatique qui refait surface
Parallèlement à cette coopération sécuritaire, Kinshasa et Tel-Aviv ont remis sur la table la question du transfert de l’ambassade de la RDC à Jérusalem.
L’annonce du 3 septembre constitue surtout une relance de discussions déjà anciennes. Aucun calendrier précis n’a encore été communiqué pour la concrétisation du projet.
Selon l’analyse d’Exclusif.net, la forte exposition médiatique donnée au dossier de l’ambassade permet également de placer le volet diplomatique au premier plan, alors que les discussions militaires et sécuritaires restent beaucoup plus discrètes. Il n’est cependant pas établi que la relance du transfert de l’ambassade ait été conçue spécifiquement pour détourner l’attention de la coopération militaire.
Si Kinshasa concrétise cette décision, la RDC rejoindrait le cercle très restreint des pays ayant choisi d’installer leur ambassade à Jérusalem.
Le dossier reste extrêmement sensible. Le statut de la ville constitue l’un des principaux points de contentieux du conflit israélo-palestinien et l’annexion de Jérusalem-Est par Israël n’est pas reconnue par les Nations unies.
Washington en toile de fond
Un autre acteur apparaît en arrière-plan de ce rapprochement : les États-Unis.
Félix Tshisekedi accorde une importance stratégique à ses relations avec Washington dans le contexte de la guerre dans l’est de la RDC. L’administration de Donald Trump joue un rôle dans la médiation entre Kinshasa et Kigali et cherche parallèlement à développer ses relations économiques et minières avec la RDC.
Pour Kinshasa, maintenir la pression diplomatique américaine sur le Rwanda constitue un enjeu majeur.
La proximité entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou pourrait donc indirectement favoriser la stratégie diplomatique congolaise. Certains responsables proches du pouvoir congolais considèrent d’ailleurs que le rapprochement avec Israël peut contribuer à la « bonne marche » du partenariat avec Washington. D’autres insistent au contraire sur des « intérêts mutuels entre deux États souverains ».
Cette orientation n’est pas totalement nouvelle. Dès 2020, pendant le premier mandat de Donald Trump, Félix Tshisekedi avait soutenu le plan américain pour le conflit israélo-palestinien, malgré les critiques formulées contre cette initiative par une partie de la communauté internationale.
Tshisekedi assume un choix diplomatique singulier en Afrique
La politique de Félix Tshisekedi vis-à-vis d’Israël tranche ainsi avec celle de plusieurs dirigeants africains et avec certaines positions défendues au sein de l’Union africaine, traditionnellement favorable à la création de deux États, israélien et palestinien.
Derrière les annonces économiques et diplomatiques du déplacement présidentiel se dessine donc un rapprochement beaucoup plus stratégique.
Pour Kinshasa, Israël représente potentiellement une source d’armements, de formation militaire, de renseignement et de technologies de surveillance. Pour Tel-Aviv, la RDC constitue un partenaire important au cœur de l’Afrique centrale, doté d’un poids géopolitique considérable et d’immenses ressources minières.
La véritable portée de ce rapprochement se mesurera cependant aux accords effectivement signés, aux équipements livrés et, surtout, à l’usage qui sera fait des nouvelles capacités militaires et sécuritaires acquises par Kinshasa.
Selon les informations recueillies par Exclusif.net, les discussions ne se limiteraient pas au secteur public israélien. Des contacts auraient également été noués avec des entreprises privées spécialisées dans la défense et les technologies sécuritaires. Des commandes de matériels auraient déjà été passées par la partie congolaise. L’objectif prioritaire de Kinshasa reste la guerre dans l’est du pays et la volonté de neutraliser militairement la coalition rebelle AFC/M23, soutenue, selon les autorités congolaises, par le Rwanda.
Mais, selon des sources d’Exclusif.net, Kinshasa s’intéresserait également à des technologies de surveillance pouvant être utilisées dans le domaine de la sécurité intérieure. L’utilisation qui pourrait être faite de ces équipements devra toutefois être suivie avec attention, notamment à l’approche des futures échéances politiques et dans un contexte où la question d’un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi alimente déjà le débat. À ce stade, aucun élément public ne permet cependant d’établir que ces acquisitions seraient destinées à permettre au président congolais de se maintenir au pouvoir.
Une délégation militaire congolaise en Israël dès octobre 2025
La dimension militaire de ce rapprochement ne date pas de la visite présidentielle. Selon des informations publiées par Jeune Afrique, une importante délégation congolaise s’était discrètement rendue en Israël en octobre 2025. Elle était conduite par le chef d’état-major des Forces armées de la RDC, le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe, et comprenait plusieurs généraux ainsi que Kahumbu Mandungu Bula, dit « Kao », conseiller privé de Félix Tshisekedi et familier des dossiers militaires sensibles.
L’un des objectifs de cette mission aurait été de rencontrer des responsables d’Elbit Systems, l’un des principaux groupes israéliens spécialisés dans les technologies de défense.
Depuis plusieurs années, Kinshasa fait également appel à des prestataires privés, dont des sociétés israéliennes, notamment pour participer à la formation de bataillons de la Garde républicaine engagés dans l’est du pays.
Goma et Bukavu ont changé les priorités de Kinshasa
La chute de Goma et de Bukavu a accéléré la volonté de Félix Tshisekedi de reconstruire les capacités opérationnelles de l’armée congolaise. La communication présidentielle autour de ses échanges avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a officiellement insisté sur plusieurs secteurs : agriculture, infrastructures, énergie, nouvelles technologies, mais aussi défense.
C’est ce dernier domaine qui apparaît particulièrement stratégique pour Kinshasa. Les Forces armées congolaises restent confrontées à l’AFC/M23 dans l’est du pays, tandis que des affrontements se poursuivent notamment dans le Sud-Kivu. Le rapprochement avec Israël pourrait donc permettre à la RDC de diversifier ses fournisseurs et ses partenaires militaires.
La situation est d’autant plus intéressante que le Rwanda entretient lui aussi depuis plusieurs années des relations étroites avec Israël, y compris dans le domaine sécuritaire.
Des commandes d’armes et de technologies de surveillance
Selon les informations d’Exclusif.net, les autorités congolaises auraient déjà passé des commandes portant sur des armements lourds et des équipements militaires sophistiqués, ainsi que sur différents systèmes de surveillance.
Certaines technologies recherchées disposeraient de capacités allant bien au-delà de la surveillance classique du champ de bataille. Leur nature précise, les montants engagés et les entreprises concernées n’ont toutefois pas été officiellement rendus publics.
C’est précisément cette partie de la coopération qui demeure la plus discrète.
Israël dispose d’une industrie militaire particulièrement développée dans les secteurs des drones, de l’électronique de défense, du renseignement et des systèmes de surveillance. Pour Kinshasa, confronté simultanément à une guerre dans l’Est et à d’importants défis sécuritaires internes, l’accès à ces technologies représente un enjeu stratégique majeur.
Jérusalem, un dossier diplomatique qui refait surface
Parallèlement à cette coopération sécuritaire, Kinshasa et Tel-Aviv ont remis sur la table la question du transfert de l’ambassade de la RDC à Jérusalem.
L’annonce du 3 septembre constitue surtout une relance de discussions déjà anciennes. Aucun calendrier précis n’a encore été communiqué pour la concrétisation du projet.
Selon l’analyse d’Exclusif.net, la forte exposition médiatique donnée au dossier de l’ambassade permet également de placer le volet diplomatique au premier plan, alors que les discussions militaires et sécuritaires restent beaucoup plus discrètes. Il n’est cependant pas établi que la relance du transfert de l’ambassade ait été conçue spécifiquement pour détourner l’attention de la coopération militaire.
Si Kinshasa concrétise cette décision, la RDC rejoindrait le cercle très restreint des pays ayant choisi d’installer leur ambassade à Jérusalem.
Le dossier reste extrêmement sensible. Le statut de la ville constitue l’un des principaux points de contentieux du conflit israélo-palestinien et l’annexion de Jérusalem-Est par Israël n’est pas reconnue par les Nations unies.
Washington en toile de fond
Un autre acteur apparaît en arrière-plan de ce rapprochement : les États-Unis.
Félix Tshisekedi accorde une importance stratégique à ses relations avec Washington dans le contexte de la guerre dans l’est de la RDC. L’administration de Donald Trump joue un rôle dans la médiation entre Kinshasa et Kigali et cherche parallèlement à développer ses relations économiques et minières avec la RDC.
Pour Kinshasa, maintenir la pression diplomatique américaine sur le Rwanda constitue un enjeu majeur.
La proximité entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou pourrait donc indirectement favoriser la stratégie diplomatique congolaise. Certains responsables proches du pouvoir congolais considèrent d’ailleurs que le rapprochement avec Israël peut contribuer à la « bonne marche » du partenariat avec Washington. D’autres insistent au contraire sur des « intérêts mutuels entre deux États souverains ».
Cette orientation n’est pas totalement nouvelle. Dès 2020, pendant le premier mandat de Donald Trump, Félix Tshisekedi avait soutenu le plan américain pour le conflit israélo-palestinien, malgré les critiques formulées contre cette initiative par une partie de la communauté internationale.
Tshisekedi assume un choix diplomatique singulier en Afrique
La politique de Félix Tshisekedi vis-à-vis d’Israël tranche ainsi avec celle de plusieurs dirigeants africains et avec certaines positions défendues au sein de l’Union africaine, traditionnellement favorable à la création de deux États, israélien et palestinien.
Derrière les annonces économiques et diplomatiques du déplacement présidentiel se dessine donc un rapprochement beaucoup plus stratégique.
Pour Kinshasa, Israël représente potentiellement une source d’armements, de formation militaire, de renseignement et de technologies de surveillance. Pour Tel-Aviv, la RDC constitue un partenaire important au cœur de l’Afrique centrale, doté d’un poids géopolitique considérable et d’immenses ressources minières.
La véritable portée de ce rapprochement se mesurera cependant aux accords effectivement signés, aux équipements livrés et, surtout, à l’usage qui sera fait des nouvelles capacités militaires et sécuritaires acquises par Kinshasa.