RDC : Comment l’ancien chef d’état-major des FARDC s’est retrouvé devant la justice

Samedi 6 Juin 2026

La justice militaire congolaise a ouvert l'un des procès les plus sensibles de ces dernières années en République démocratique du Congo (RDC), mettant en cause l'ancien chef d'état-major des Forces armées de la RDC (FARDC), le général Christian Tshiwewe, ainsi que plusieurs officiers supérieurs accusés d'avoir participé à un projet présumé de renversement du président Félix Tshisekedi.

Arrêté au début du mois de juillet 2025, sept mois après sa nomination comme conseiller militaire du chef de l'État, le général Tshiwewe avait été interpellé aux côtés de son ancien chef de cabinet, le général-major Maurice Nyembo, ainsi que de plusieurs autres officiers.

À l'ouverture du procès, le ministère public militaire a révélé que dix personnes étaient poursuivies dans cette affaire, dont plusieurs hauts gradés des FARDC et un civil, Pascal Nyembo Muyumba. Parmi les accusés figurent également le général John Numbi et le général de brigade Pascal Kamukinde, actuellement en exil.

Selon l'accusation, les prévenus auraient participé à un plan coordonné visant à renverser le président Félix Tshisekedi. Ils sont poursuivis notamment pour trahison, incitation des militaires à désobéir aux ordres légaux et détention illégale d'armes.

Le parquet affirme que le projet présumé aurait été préparé entre 2020 et juillet 2025. Les enquêteurs soutiennent que le général Tshiwewe aurait été recruté au sein du réseau par le général-major Maurice Nyembo, avec lequel il entretenait des relations étroites depuis plusieurs années.

Les autorités affirment également avoir découvert un important arsenal lors d'une perquisition menée le 9 juillet 2025 à la résidence du général Tshiwewe dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. Selon le ministère public, des fusils d'assaut, des lance-roquettes, des mitrailleuses, plusieurs milliers de munitions et des grenades y auraient été saisis.

Le parquet estime que cet armement dépassait largement les besoins d'une protection personnelle et pourrait être lié au projet présumé de déstabilisation du pouvoir.

Par ailleurs, le général John Numbi est accusé d'avoir encouragé des militaires et des policiers à se retourner contre les autorités en place, tandis que d'autres officiers sont soupçonnés d'avoir servi d'intermédiaires ou de relais financiers au sein du réseau présumé.

L'affaire revêt une dimension particulièrement sensible en raison de l'implication alléguée de plusieurs anciens hauts responsables militaires et des références faites, au cours de l'enquête, à des personnalités proches de l'ancien président Joseph Kabila.

L'ouverture de ce procès est suivie avec attention en RDC, où il pourrait avoir des répercussions importantes sur le paysage politique et sécuritaire du pays.
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