Quand la majorité transforme le Parlement en machine à bloquer le peuple ( Dr Jean Bernard DIATTA)

Mardi 3 Novembre 2026

Le rejet du projet de loi de finances rectificative 2026 en séance plénière, ce mardi 3 novembre, constitue le quatrième revers infligé au texte gouvernemental, après deux rejets en commission et un renvoi pour négociation. Ce n’est plus un désaccord parlementaire : c’est un blocage politique assumé, une stratégie d’étranglement budgétaire et une insulte au peuple sénégalais qui attend des réponses concrètes.


Avec 130 sièges sur 165, la majorité Pastef disposait de tous les moyens pour amender, corriger, encadrer et adopter une LFR protectrice des Sénégalais. Elle a préféré le rejet. Ce choix n’est pas une victoire idéologique : c’est une défaite morale. Il frappe d’abord les familles pauvres, les élèves, les malades, les jeunes sans emploi, les femmes cheffes de ménage et les communautés qui attendent des routes, des écoles, des centres de santé, de l’eau, de l’électricité et la dignité.


Le peuple n’a pas besoin de députés qui savent seulement dire « non » à l’État. Il a besoin de représentants capables de dire « oui » à la continuité nationale, « oui » aux services publics, « oui » aux chantiers qui nourrissent, soignent, éduquent et désenclavent. Rejeter quatre fois un budget rectificatif, c’est faire de la souffrance sociale un terrain de règlement de comptes.


Les conséquences ne sont pas abstraites. Le gouvernement a averti que le blocage fragilise la trésorerie de l’État, expose le pays à des arriérés et compromet des financements essentiels, notamment dans le cadre des engagements négociés avec le FMI. Chaque jour de blocage retarde des paiements, suspend des décisions d’investissement et affaiblit la capacité de l’État à répondre aux urgences sociales.
On peut contester un arbitrage budgétaire, exiger la transparence sur les fonds spéciaux ou défendre le pouvoir d’achat. Mais on ne peut pas, au nom de ces exigences, laisser le pays sans instrument financier adapté. La rigueur, ce n’est pas la destruction ; la vigilance parlementaire, ce n’est pas la paralysie ; la loyauté au peuple, ce n’est pas la loyauté aveugle à une ligne de parti.


Le Président et le Gouvernement doivent agir. Face à cette obstination, le Président de la République et le Gouvernement doivent prendre toutes les mesures et activer tous les contours permis par la Constitution du Sénégal afin de préserver la continuité de l’État et la poursuite des projets publics. Il ne s’agit pas de contourner le Parlement, mais de protéger la Nation contre une majorité qui refuse d’assumer ses responsabilités budgétaires.


Il faut garantir sans exception : la poursuite des infrastructures éducatives : écoles, universités, cantines, bourses et équipements ; la continuité sanitaire : hôpitaux, postes de santé, médicaments, personnels et urgences ; l’exécution des chantiers routiers, énergétiques, hydrauliques et de transport ; les programmes de solidarité en faveur des ménages vulnérables ; le financement des projets structurants déjà engagés dans toutes les régions du Sénégal. Le Gouvernement doit aussi informer sans détour les Sénégalais : quels projets sont menacés, quels financements sont bloqués, quelles populations seront les premières victimes de ce refus parlementaire.


L’histoire retiendra que, au moment où le Sénégal avait besoin d’unité budgétaire, certains élus ont choisi le spectacle et le rapport de force. Ils devront expliquer aux Sénégalais pourquoi ils ont préféré quatre rejets à une seule solution responsable. La politique ne se résume pas à occuper l’hémicycle : elle consiste à protéger ceux qui n’ont ni lobby, ni tribune, ni protection.


Nous demandons la reprise immédiate du dialogue, l’adoption d’une LFR d’intérêt national et la mobilisation de tous les moyens constitutionnels pour que l’État continue de construire, de soigner, d’éduquer et de soulager les couches vulnérables. Le changement ne peut pas signifier l’abandon du bas peuple.


Dr Jean Bernard DIATTA,
Responsable politique Régional KIIRAAY Ziguinchor: Les Patriotes Républicains
 

 
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