Le collectif citoyen « L’Heure est grave » hausse le ton face aux annonces du ministre des Infrastructures, Déthié Fall, concernant la construction d’un second pont reliant Tobor à la ville de Ziguinchor. Dans une déclaration rendue publique, le mouvement citoyen dit rejeter la démarche actuelle du gouvernement et appelle à un démarrage immédiat des travaux, estimant que la situation du pont Émile Badiane est devenue critique.
Le jeudi 30 avril, le ministre avait annoncé la pose de la première pierre du futur ouvrage au mois de juillet. Une communication jugée insuffisante par le collectif, qui rappelle mener depuis plus de cinq ans un combat pour la réalisation d’un nouveau pont dans la région sud du pays. « Depuis plus de cinq ans, nous luttons pour la construction d’un nouveau pont. Dans cette nouvelle sortie, nous marquons notre désaccord avec les démarches du ministre », déclare le collectif dans son communiqué. Les membres de « L’Heure est grave » dénoncent notamment l’absence de calendrier précis concernant le lancement effectif des travaux. « Ce 30 avril, il annonce la pose de la première pierre au mois de juillet, mais c’est le silence radio concernant la date de démarrage des travaux, qui intéresse le plus les populations sénégalaises, notamment celles du Sud », souligne le collectif.
Cette réaction intervient dans un contexte marqué par un nouvel accident dramatique sur le pont Émile Badiane. Quelques semaines après l’annonce ministérielle, un minibus a dérapé avant de tomber dans le fleuve, en raison notamment de garde-fous jugés insuffisants. Le bilan provisoire fait état d’au moins deux morts. Face à cette situation, le collectif appelle les autorités à accélérer les procédures afin d’éviter une catastrophe plus grave. « Nous demandons au gouvernement de ne pas jouer avec le temps, car le danger sur l’actuel pont est réel », avertissent les membres du mouvement citoyen.
Le collectif estime que le mois de juillet doit marquer le début concret du chantier et non une simple cérémonie symbolique. « Le mois de juillet doit être celui du démarrage des travaux et non celui de la pose de la première pierre », insiste-t-il, rappelant que plusieurs autorités sénégalaises se sont déjà rendues sur les lieux pour constater l’état avancé de dégradation de l’infrastructure. À défaut d’un lancement rapide des travaux, « L’Heure est grave » réclame des mesures immédiates de sécurisation. « Il faut fermer le pont ou renforcer les garde-fous », plaide le collectif.
À l’approche de l’hivernage, les inquiétudes grandissent davantage dans cette partie du pays où le pont représente un axe stratégique pour la mobilité et les échanges économiques. « Nous demandons aux autorités de lancer les travaux du pont avant le démarrage de l’hivernage, car celui-ci peut fortement impacter la Casamance », alertent les signataires du texte. Le collectif conclut en affirmant agir au nom de l’intérêt général. « Nous menons un combat dans l’intérêt de tous les Sénégalais et non pour une personne, raison pour laquelle nous voulons que les travaux démarrent rapidement », soutient-il.