Pérou : les salaires alléchants promis aux recrues envoyées en Ukraine

Samedi 2 Mai 2026

Le Pérou a ouvert une enquête sur un réseau présumé de traite d’êtres humains accusé d’avoir attiré des citoyens péruviens avec de fausses promesses d’emploi en Russie, avant leur envoi sur le front de la guerre en Ukraine. L’annonce a été faite vendredi par le parquet péruvien.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les personnes concernées auraient été « recrutées au moyen d’offres d’emploi trompeuses » pour travailler en Russie comme agents de sécurité et dans d’autres fonctions, avec la promesse d’une compensation financière. Le parquet a précisé que l’enquête portera sur les infractions présumées de traite d’êtres humains et de traite aggravée.


Percy Salinas, avocat représentant des familles de personnes qui se sont retrouvées sur les lignes de front en Ukraine, a déclaré à la chaîne locale N que 13 Péruviens ont déjà été tués dans cette guerre, selon l’agence AFP. Il a aussi affirmé que les personnes visées se voyaient proposer des salaires mensuels compris entre 2.000 et 3.000 dollars, et qu’environ 600 Péruviens auraient été attirés depuis octobre dernier pour combattre aux côtés de la Russie.

Dans un communiqué publié jeudi, l’ambassade de Russie à Lima a reconnu que des Péruviens avaient signé des contrats pour rejoindre les forces armées russes. De son côté, le ministère péruvien des Affaires étrangères a indiqué avoir demandé à l’ambassade russe des clarifications sur la situation, ainsi que des informations sur la localisation et l’état de santé des ressortissants servant dans l’armée russe.


Le ministère a rappelé que les citoyens péruviens doivent obtenir une autorisation préalable des Affaires étrangères avant de servir dans une armée étrangère. Jeudi, des familles de victimes affirmant que leurs proches avaient été recrutés sous de faux prétextes pour combattre en Ukraine ont manifesté devant le ministère à Lima pour réclamer leur rapatriement.

D’après Al Jazeera, le Pérou est l’un des derniers pays à dénoncer des recrutements jugés trompeurs de ressortissants étrangers pour la guerre en Ukraine. Le média rappelle aussi que, selon des estimations ukrainiennes publiées en février, plus de 1.780 ressortissants de 36 pays africains combattraient aux côtés des forces russes. La Russie avait également reconnu auparavant l’enrôlement de soldats nord-coréens dans le cadre d’un pacte militaire conclu entre Moscou et Pyongyang.
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