Pérou: Le chef de l'État arrêté

Jeudi 8 Décembre 2022

En grande difficulté, le chef de l'État péruvien a basculé. Alors que le Parlement monocaméral allait se réunir pour débattre d'une motion pour le destituer, Pedro Castillo a ordonné, ce mercredi 7 décembre, la dissolution du Congrès et l'établissement d'un « gouvernement d'exception ». En vain, car le Congrès s'est quand même réuni pour voter la vacance de la présidence et sa remise entre les mains de la vice-présidente. M. Castillo a été arrêté.

« Couvre-feu national à partir d'aujourd'hui », entre 22 heures et 4 heures, a cru décréter le président péruvien ce mercredi. Les personnes « en possession d'armes illégales » ont désormais 72 heures pour les rendre, ajoutait-il.

Le Parlement du pays est dominé par la droite. Pedro Castillo, lui, est le président d'une gauche péruvienne laminée par l'histoire, par le règne d'Alberto Fujimori et l'époque encore douloureuse du Sentier lumineux.

La droite espérait ce mercredi débattre au Congrès d'une nouvelle motion visant à destituer le chef de l'État pour « incapacité morale permanente ». Outre-passant ses déclarations, c'est finalement ce qu'elle a fait.

La destitution de M. Castillo a ainsi été approuvée par 101 congressistes sur 130. Le vote a eu lieu peu après la déclaration de ce dernier à la nation, au siège du Congrès, retransmis en direct à la télévision nationale.

La vice-présidente de la République, Dina Boluarte, avait au préalable fait fi des désidératas de Pedro Castillo. Elle a dénoncé « un coup d'État qui aggrave la crise politique et institutionnelle de la société péruvienne ».
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