Pavage de Waoundé : El Hadji Diaydi Ba Cissé dénonce une récupération politique et rappelle le rôle de l’État à travers le FERA

Vendredi 9 Octobre 2026

Le projet de pavage de la commune de Waoundé, dans le département de Kanel (région de Matam), suscite une polémique autour de son financement et de sa présentation aux populations. El Hadji Diaydi Ba Cissé, originaire de la localité et membre du Think Tank de KIIRAAY, dénonce ce qu’il considère comme une tentative de récupération politique d’un projet financé, selon lui, par l’État du Sénégal à travers le Fonds d’entretien routier autonome (FERA). 


Le programme de désenclavement et de modernisation des infrastructures routières dans le département de Kanel, particulièrement dans la commune de Waoundé, fait l'objet de débats sur l'origine des financements et le rôle des différents acteurs impliqués. Alors que les travaux de pavage sont présentés comme une initiative de la municipalité, El Hadji Diaydi Ba Cissé, membre du Think Tank de KIIRAAY et ressortissant de Waoundé, conteste cette présentation.

Il affirme que le financement relève de l'État, à travers le Fonds d'entretien routier autonome (FERA), dirigé par le Dr Cheikh Dieng. Selon lui, ce projet s'inscrit dans la volonté du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de renforcer les infrastructures et d'améliorer les conditions de vie des populations de cette partie du Fouta.

« Il faut arrêter la manipulation »

Dans une déclaration adressée aux habitants de Waoundé, El Hadji Diaydi Ba Cissé a tenu à clarifier les responsabilités des différents intervenants dans la réalisation du projet. « Chers habitants de Waoundé, chacun doit comprendre qui finance, qui organise et qui réalise. Le FERA, c'est le Fonds d'entretien routier autonome. C'est un organisme qui finance les travaux d'entretien. Il peut travailler avec une collectivité territoriale, une mairie, en signant une convention », a-t-il expliqué.

Il a également insisté sur la nécessité de distinguer les financements publics des interventions des autorités locales. « Lorsque l'État finance à travers le Fonds d'entretien routier autonome, cet argent est public. Une personne peut aider à faire avancer le dossier, être un intermédiaire, et même un bon intermédiaire. La mairie peut, quant à elle, organiser les travaux ou les recrutements. Mais cela ne transforme pas le financement public en cadeau personnel. Il faut arrêter la manipulation », a-t-il martelé.

Pour le membre du Think Tank de KIIRAAY, les populations doivent être correctement informées sur l'origine des ressources mobilisées pour la réalisation des infrastructures.

« C'est l'État, à travers le FERA, qui a financé la première phase »
 

Revenant sur les travaux déjà réalisés, El Hadji Diaydi Ba Cissé affirme que la première phase du programme de pavage a été financée par l'État. « C'est l'État, à travers le FERA, qui a financé la première phase des pavages et a créé la haute intensité de main-d'œuvre en permettant à des jeunes d'être recrutés », a-t-il déclaré. Il a également évoqué les interrogations suscitées par l'interruption des travaux après cette première étape. « D'ailleurs, lorsque la première phase s'est terminée, pourquoi cela s'est-il arrêté ? Là, nous allons entamer la deuxième phase grâce au directeur général du FERA, Cheikh Dieng, sur instruction de Monsieur le président de la République, qui veut faire de Waoundé une ville moderne », a-t-il soutenu. Ces affirmations sur le financement et les instructions présidentielles sont celles du responsable de KIIRAAY. Les documents administratifs relatifs au projet permettraient d'en préciser les modalités.

Une deuxième phase annoncée sur trois kilomètres

La poursuite du programme de pavage constitue également un sujet majeur pour les habitants de Waoundé. Selon El Hadji Diaydi Ba Cissé, la deuxième phase devrait concerner un linéaire de trois kilomètres, avec des possibilités d'emploi pour les populations locales. Il a notamment insisté sur le dispositif de Haute Intensité de Main-d'œuvre (HIMO), qui permet de mobiliser des travailleurs locaux dans l'exécution de certains chantiers. « HIMO signifie Haute Intensité de Main-d'œuvre. Autrement dit, faire appel aux habitants pour travailler sur les chantiers et les rémunérer. Cela peut notamment concerner la pose de pavés », a-t-il expliqué. Il souhaite que la poursuite des travaux s'accompagne d'une communication officielle sur les tronçons concernés, le calendrier d'exécution et les conditions de recrutement.

« Que le FERA et la mairie présentent la convention »

Pour mettre fin aux controverses, El Hadji Diaydi Ba Cissé réclame la publication des documents permettant d'identifier précisément les responsabilités des différents partenaires. « Je demande aux Waoundais de réclamer au FERA et à la mairie la présentation de la convention et la confirmation des montants financiers. C'est ainsi que chacun pourra vérifier les faits », a-t-il déclaré.

Il a rappelé qu'une convention constitue un accord écrit précisant notamment les travaux à réaliser, les financements mobilisés et les obligations des différentes parties.
À ses yeux, la publication de ces informations permettrait d'éviter toute confusion entre les contributions de l'État, les responsabilités de la collectivité territoriale et les éventuelles démarches entreprises par des intermédiaires.

Des recrutements sans discrimination politique

Au-delà de la question du financement, le membre du Think Tank de KIIRAAY appelle à une gestion équitable des emplois qui pourraient être générés par les travaux. Il demande notamment que les jeunes de Waoundé puissent accéder aux opportunités de recrutement indépendamment de leurs affiliations politiques. « Les emplois doivent être attribués selon des critères clairs, quelle que soit l'appartenance politique des candidats. J'espère que, cette fois-ci, le recrutement ne sera pas marqué par la partisanerie », a-t-il insisté.

Pour lui, un projet financé sur fonds publics doit bénéficier à l'ensemble de la communauté, sans discrimination ni favoritisme. Située dans le département de Kanel, la commune de Waoundé fait partie des localités où l'amélioration des infrastructures de proximité constitue un enjeu important pour la mobilité et les activités économiques. La réalisation de nouvelles voies pavées pourrait contribuer à faciliter les déplacements, à améliorer le cadre de vie et à créer des emplois temporaires pour les habitants.

Mais pour El Hadji Diaydi Ba Cissé, ces investissements doivent avant tout être accompagnés de transparence et d'une information accessible aux populations. « Notre exigence est simple : que la population soit informée, que les travaux soient bien réalisés et que les possibilités d'emploi bénéficient équitablement à tous », a-t-il conclu.

À travers cette prise de position, le membre du Think Tank de KIIRAAY entend rappeler que les infrastructures réalisées grâce aux ressources publiques doivent être présentées comme des investissements au service des citoyens. La publication de la convention entre le FERA et la municipalité, ainsi que des montants effectivement engagés, permettrait désormais de clarifier les responsabilités de chaque partie et de répondre aux interrogations soulevées par cette polémique.
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