Ousmane Sonko enfonce Diomaye: « Ces textes ne sont pas tombés du ciel, ils sont le fruit de plus de dix ans de travail »

Lundi 29 Juin 2026

Le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, est revenu en détail sur l'origine et l'élaboration de la réforme constitutionnelle adoptée par les députés. Prenant la parole devant l'hémicycle, il a tenu à répondre aux critiques de l'opposition, affirmant que le texte n'est pas le fruit d'une initiative improvisée, mais l'aboutissement d'un long processus politique engagé depuis plus d'une décennie.


S'adressant directement aux Sénégalais, Ousmane Sonko a rappelé que les principales dispositions de la réforme trouvent leur source dans les engagements pris par Pastef bien avant son accession au pouvoir.
« Je voudrais dire quelques mots à l'endroit des Sénégalais, puisque j'ai été un témoin privilégié de tout ce processus depuis le début. Cela n'a pas démarré avec le dialogue politique. Cela a démarré avec notre serment de 2014. Les engagements qui viennent d'être intégrés dans la Constitution ont traversé tout notre parcours politique, des législatives de 2017 à la présidentielle de 2024 », a-t-il déclaré.

Le président de l'Assemblée nationale a rejeté les accusations selon lesquelles la réforme aurait été engagée sans concertation. Selon lui, le dialogue politique voulu par le président de la République a bien eu lieu et a permis de dégager un large consensus sur l'essentiel des dispositions. « Parler de dialogue aujourd'hui, c'est faire de la diversion. Le dialogue a eu lieu. Il n'y a pratiquement pas une seule disposition de cette réforme constitutionnelle qui n'ait été consacrée par ce dialogue politique », a soutenu Ousmane Sonko.

Il a ensuite détaillé les différentes étapes ayant conduit à la rédaction du projet. Après la remise du rapport du dialogue politique au chef de l'État, un comité de juristes, composé notamment du professeur Babacar Guèye, du magistrat Souleymane Téliko et d'autres spécialistes du droit, a été chargé de transformer les recommandations en textes juridiques.

Selon Ousmane Sonko, un second comité de travail, qu'il dit avoir personnellement coordonné à la demande du président Bassirou Diomaye Faye, a ensuite consacré plusieurs mois à l'examen et à l'amélioration des différents projets. « Le Président m'a remis l'ensemble des textes et m'a demandé de mettre en place une équipe de travail pour les affiner. Pendant quatre à cinq mois, nous avons travaillé au Petit Palais. Même durant le mois de Ramadan, nous avons passé des journées entières à examiner ces textes », a-t-il expliqué.


Pour le président de l'Assemblée nationale, il est donc inexact d'affirmer que le projet de révision serait apparu sans préparation. « Nous dire que ces textes sont tombés du ciel, c'est faire de la désinformation », a-t-il affirmé.

Ousmane Sonko est également revenu sur les observations formulées par le président de la République sur certaines dispositions de la réforme. Il a estimé que les engagements pris devant les Sénégalais ne pouvaient être modifiés en fonction des préférences d'une seule autorité. « La caution n'appartient pas à Bassirou Diomaye Faye. Ce sont des engagements pris devant le peuple sénégalais depuis plus de dix ans. Au nom de quoi une seule personne peut se donner la latitude de faire un tri des dispositions qui nous conviennent et de celles qui ne nous conviennent pas ? Cela est inadmissible », a-t-il déclaré.

Le président de l'Assemblée nationale a enfin insisté sur le rôle du Parlement dans le processus de révision de la Constitution. Selon lui, le pouvoir constituant dérivé appartient à l'Assemblée nationale lorsque la réforme est engagée par la voie parlementaire. « Le Président n'est pas un pouvoir constituant. Le pouvoir constituant est ici, à l'Assemblée nationale, lorsqu'il est dérivé, et il appartient au peuple lorsqu'un référendum est convoqué », a-t-il affirmé.

En conclusion, Ousmane Sonko a laissé entendre que plusieurs épisodes ayant marqué l'élaboration de la réforme ne peuvent, selon lui, être révélés pour des raisons liées à l'intérêt supérieur de l'État. « Beaucoup de choses se sont passées entre ces étapes qu'au nom de la raison d'État, je garderai pour le moment. Nous devons tous éviter de nous faire parler parce que nous savons ce qui s'est passé », a-t-il averti
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