Ousmane Sonko : « Une révolution qui oublie ses martyrs finit par oublier son peuple »

Samedi 6 Juin 2026

Le président de PASTEF–Les Patriotes, Ousmane Sonko, a livré un discours empreint d’émotion et de détermination lors du premier congrès ordinaire de son parti, tenu ce samedi au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio. Devant les militants et les délégations venues du Sénégal et de l’étranger, il a rendu un vibrant hommage aux victimes des années de lutte politique tout en traçant les contours du projet de transformation qu’il entend poursuivre avec son parti.

 

Dès les premières minutes de son intervention, Ousmane Sonko a tenu à rappeler le prix payé par de nombreux Sénégalais dans le combat ayant conduit à l’alternance politique de 2024. « Nous ne devons jamais oublier le sacrifice de ceux grâce à qui ce moment historique a été rendu possible. Derrière cette victoire, derrière ce congrès, derrière cette espérance qui traverse aujourd’hui le Sénégal, il y a des sacrifices, des souffrances et des vies brisées », a-t-il déclaré.

Le leader de PASTEF a évoqué les militants arrêtés, emprisonnés ou blessés durant les années de confrontation avec l’ancien régime. « Nous pensons à tous ceux qui ont été arrêtés, emprisonnés, blessés, humiliés pour leur engagement. Nous pensons à ces familles qui ont vécu l’angoisse des disparitions, des procès et de la répression », a-t-il souligné. Mais c’est surtout aux jeunes tués lors des manifestations qu’il a consacré une large partie de son hommage. « Nous pensons surtout à nos martyrs. À ces jeunes tombés dans les manifestations, souvent au seuil de leur vie, parce qu’ils avaient décidé de refuser l’injustice, le mépris et la confiscation de leur avenir », a-t-il affirmé.

Selon lui, la mémoire de ces disparus doit continuer à guider l’action politique du parti. « Leur mémoire doit nous obliger. Nous n’avons pas le droit de trahir leur espérance en transformant cette révolution en routine administrative, en compromis de confort ou en simple alternance politique », a-t-il averti.

Dans l’un des passages les plus marquants de son discours, Ousmane Sonko a lancé : « Car le sang versé par un peuple crée une responsabilité historique. Car une révolution qui oublie ses martyrs finit toujours par oublier son peuple. »

Au-delà de l’hommage, le président de PASTEF a exposé sa vision d’un Sénégal profondément transformé sur les plans économique, social et institutionnel. « Nous ne menons pas ce combat pour le seul plaisir des mots ou des symboles. Nous le menons pour construire un Sénégal nouveau », a-t-il déclaré avant de détailler les ambitions de son projet politique. « Un Sénégal où aucun jeune ne sera condamné à choisir entre le chômage, l’exil ou le désespoir. Un Sénégal où les richesses tirées de notre sous-sol et de nos mers financeront les écoles, les universités, les hôpitaux, les infrastructures et la recherche plutôt que les privilèges d’une minorité ou la prospérité d’intérêts extérieurs », a-t-il expliqué.

Le chef du parti a également plaidé pour une meilleure valorisation des ressources nationales et du potentiel productif du pays. « Notre ambition est de bâtir un pays où le paysan vit dignement de la terre, où les ressources halieutiques sont préservées pour nos pêcheurs, et où le génie de nos artisans et entrepreneurs patriotes transforme et crée la richesse sur place », a-t-il déclaré.

Ousmane Sonko a aussi insisté sur la place de l’éducation, de la jeunesse et des femmes dans cette dynamique de transformation. « Nous voulons un Sénégal où les femmes seront pleinement reconnues comme des forces centrales de la transformation nationale, où les jeunes auront accès au savoir, à la culture, au travail et à la responsabilité », a-t-il dit.

Le président de PASTEF a également évoqué la nécessité de renforcer la confiance dans les institutions publiques. « Nous voulons un Sénégal où l’administration servira le citoyen avec efficacité et dignité, où la justice inspirera confiance, où la corruption cessera d’être perçue comme une fatalité », a-t-il affirmé.

S’adressant directement aux congressistes, il les a appelés à demeurer fidèles aux idéaux qui ont porté le mouvement depuis sa création. « Le plus difficile n’est pas toujours de conquérir le pouvoir. Le plus difficile est de rester fidèle à la mission pour laquelle le peuple vous l’a confié », a-t-il prévenu.

Refusant toute dérive liée à l’exercice du pouvoir, il a déclaré : « Nous n’avons pas le droit de devenir une élite de remplacement. Nous n’avons pas le droit de transformer la révolution en carrière. Nous n’avons pas le droit de laisser la prudence devenir un autre nom du renoncement. »

Pour lui, les valeurs fondatrices du mouvement doivent continuer à guider l’action de ses responsables. « Nous devons garder vivant ce qui a porté notre combat : le jom, le ngor, le burok, le kersa, le sens du mbokk, le teddungal, la teranga », a-t-il insisté. Ousmane Sonko a lancé un appel à la mobilisation et à la fidélité aux aspirations populaires. « Le Sénégal attend de nous des résultats. L’Afrique attend de nous un exemple. Le monde attend notre contribution. Et le peuple attend de nous une fidélité », a-t-il déclaré.

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