Ousmane Sonko : « Tous ces lotissements ne respectent pas la loi à 90 % »

Dimanche 16 Aout 2026

Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a affiché sa détermination à faire toute la lumière sur les questions foncières au Sénégal. Lors d’un entretien accordé à quatre médias sénégalais, il a indiqué avoir pris des dispositions pour permettre au Parlement de mieux traiter ces dossiers, notamment à travers la mise en place de commissions d’enquête.

« J’ai pris mes responsabilités en tant que président pour deux commissions, afin de bien traiter les questions foncières », a-t-il déclaré.

Selon Ousmane Sonko, une grande partie des opérations de lotissement réalisées au Sénégal ne respecterait pas les dispositions légales. « Tous ces lotissements ne respectent pas la loi à 90 % », affirme-t-il, évoquant notamment des opérations qui auraient été accélérées après son départ de la Primature.

« Quand je suis parti, ils ont pris une mainlevée totale et ont commencé à partager », a-t-il dénoncé.

Le Hangar des pèlerins et d’autres sites dans le viseur

Le président de l’Assemblée nationale a également évoqué le dossier du Hangar des pèlerins, ainsi que d’autres sites faisant l’objet de rapports et susceptibles d’être examinés par les commissions d’enquête.

Ousmane Sonko assure disposer d’éléments pouvant contribuer à éclairer les investigations parlementaires. « Je sais qu’il y a d’autres enjeux et qu’ils veulent attribuer ces terrains. Heureusement que j’avais les rapports », a-t-il indiqué.

Pour lui, les commissions d’enquête parlementaires disposent de prérogatives suffisamment larges pour approfondir les dossiers. Elles peuvent notamment entendre les personnes concernées, y compris des acteurs privés, procéder à des réquisitions pour obtenir des informations et, si nécessaire, saisir le procureur.

« Les habitants sont entièrement lésés »

Ousmane Sonko a par ailleurs dénoncé les conséquences des opérations de morcellement foncier sur les populations.

« Ce n’est pas facile d’habiter un endroit et, à un moment, de le voir morcelé pour d’autres, souvent des politiciens avec des prête-noms et des étrangers, sans même laisser une aire de jeu. Les habitants sont entièrement lésés », a-t-il déploré.

Le président de l’Assemblée nationale affirme également que des pressions seraient exercées pour entraver le travail des commissions d’enquête.

« Il y a aujourd’hui des lobbies qui veulent saisir la justice pour que les commissions d’enquête soient dissoutes. Il y a une société civile encagoulée qui veut protéger de gros bonnets », a-t-il accusé.

Foncier, patrimoine bâti et exonérations fiscales

Malgré ces résistances dénoncées, Ousmane Sonko estime que l’Assemblée nationale doit poursuivre ses investigations. Il cite notamment le foncier, le patrimoine bâti, mais également les dossiers relatifs aux remises et exonérations d’impôts.

L’objectif affiché, selon lui, est de mettre fin aux pratiques de « copinage » dans la gestion des affaires publiques.

Le président de l’Assemblée nationale a également cité d’autres dossiers susceptibles de faire l’objet d’investigations parlementaires, dont le projet « Un étudiant, un ordinateur ».

Ousmane Sonko assure enfin que les enquêtes parlementaires ne visent à protéger aucun responsable, y compris au sein de la majorité.

« Dans toutes ces enquêtes, nous ne protégeons personne, fût-il de Pastef », a-t-il martelé.
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