Ousmane Sonko : « Le système est toujours là !»

Jeudi 1 Janvier 2026

À Passy'(Fatick), lors de la clôture des 72 heures culturelles et sportives de la commune, le Premier ministre Ousmane Sonko a choisi de lever le voile sur ce qu’il considère comme l’un des plus lourds passifs hérités par les nouvelles autorités : la dette publique réelle du Sénégal. Loin d’un simple exercice comptable, son intervention s’est voulue une mise en accusation directe de l’ancien régime et une justification politique de la démarche de rupture engagée par le nouveau pouvoir.

Face aux populations, le chef du gouvernement a expliqué que l’audit du stock de la dette n’était ni un choix de convenance ni une option technique, mais une nécessité absolue dès l’arrivée au pouvoir. Selon lui, les chiffres officiellement transmis par les anciennes autorités relevaient davantage de la communication politique que de la réalité économique. « Quand ils quittaient le pouvoir, ils ont dit que la dette était à 74 % du PIB. Mais après audit, nous avons découvert qu’elle a atteint 119 % du PIB », a-t-il révélé, soulignant que la dette dépasse désormais la richesse nationale produite.

Pour Ousmane Sonko, cet état des lieux visait avant tout à rétablir la vérité devant les Sénégalais et à poser les bases d’une gouvernance fondée sur la transparence. « Si nous avons fait cet état des lieux, c’est pour que tout le monde sache dans quelles conditions nous avons hérité du pays », a-t-il insisté, assumant une communication qu’il qualifie de responsable, même si elle expose le gouvernement à des critiques. À défaut, prévient-il, « ils se seraient précipités dans les radios et les télévisions pour dire que nous sommes incapables de diriger le pays ».

Mais au-delà des chiffres, le Premier ministre a surtout pointé l’existence d’un système qu’il juge toujours actif au cœur de l’État. Pour lui, la dette n’est que l’une des manifestations d’un mode de gouvernance ancien, profondément enraciné dans les institutions. « Le système est toujours là. Il est dans l’administration, il est dans la justice. Il est dans tous les secteurs : à la Primature, à la Présidence. Il n’a pas encore abdiqué », a-t-il dénoncé.

Ousmane Sonko a ainsi présenté l’action gouvernementale comme un combat permanent contre des résistances internes multiples. « C’est un combat quotidien. Il faut un combat farouche pour le déboulonner », a-t-il martelé, réaffirmant la détermination de l’exécutif à aller au bout des réformes annoncées, malgré les obstacles. À ses yeux, la rupture promise aux Sénégalais ne se décrète pas : elle se conquiert, institution par institution.

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