Ousmane Ngom : « Aujourd’hui, nous avons un pays qui est à l’arrêt »

Dimanche 24 Mai 2026

Invité ce dimanche de l’émission Point de vue sur la RTS, Ousmane Ngom, proche de Abdoulaye Wade, a plaidé pour un retour au dialogue, au consensus et à l’ouverture politique, en prenant pour référence la méthode de gouvernance de l’ancien chef de l’État.


Selon lui, Me Abdoulaye Wade avait très tôt compris que le Sénégal ne pouvait être dirigé dans une logique de confrontation permanente entre camps politiques opposés. « Me Abdoulaye Wade était un homme très pragmatique. Il a compris que le pays ne pouvait pas être géré de façon unidimensionnelle, par un camp contre l’autre. Il fallait donc trouver des formules praticables, même avec les gens qui étaient là avant », a-t-il expliqué. L’ancien ministre estime que cette approche avait permis à Me Wade de bâtir des consensus politiques et démocratiques solides. « Le Président Me Wade a encore une fois bâti des consensus. Ce sont des actes de portée politique et démocratique », a soutenu Ousmane Ngom, rappelant notamment la mise en place du fichier électoral numérisé et des nouveaux outils d’identification électorale qui avaient contribué à renforcer la confiance dans le processus électoral. « Il a mis en place ce fichier numérisé qui était une nouveauté, avec tous les autres instruments : cartes d’électeurs, cartes d’identité, etc. Ce qui rassurait les gens, et rassurait également les partenaires », a-t-il ajouté.



Revenant sur les réformes engagées à l’époque, Ousmane Ngom a également évoqué la création du comité de veille électorale destiné à superviser l’ensemble du processus électoral avec l’implication des partenaires, de la société civile et des acteurs politiques. « Pour restaurer la confiance, il a demandé qu’on mette en place ce qu’on a appelé un comité de veille. (…) Ça rassurait, ça restaurait la confiance », a-t-il indiqué. Pour le proche de Me Wade, le Sénégal traverse aujourd’hui une situation similaire de rupture de confiance entre les acteurs politiques et les institutions. « Aujourd’hui, nous avons une rupture de confiance comme à l’époque. Il faut restaurer la confiance et créer des instruments qui permettront aux acteurs politiques de se faire confiance, mais aussi aux Sénégalais d’être rassurés », a-t-il déclaré.

Au-delà des questions électorales et politiques, Ousmane Ngom estime que le pays traverse également une crise de fonctionnement de l’État et de l’économie. « Aujourd’hui nous avons un pays qui est à l’arrêt. Il faut relancer la machine », a-t-il affirmé, appelant à une large ouverture politique et sociale. « Il faut vraiment, encore une fois, rassurer les Sénégalais, rassurer nos partenaires, et bâtir des structures très larges. (…) Aujourd’hui il faut vraiment recréer l’espoir », a insisté l’ancien ministre, évoquant les secteurs du bâtiment, de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage et même le secteur informel.

Dans son intervention, Ousmane Ngom a aussi mis en avant la capacité d’Abdoulaye Wade à maintenir le dialogue, même avec ses adversaires ou les institutions internationales qu’il critiquait régulièrement. « Il pouvait ne pas être d’accord, il pouvait les critiquer, mais il ne les rejetait pas », a-t-il souligné. Selon lui, cette capacité à conjuguer critique et coopération avait permis de trouver des solutions pour le pays, notamment dans les relations avec les institutions de Bretton Woods. « Me Wade les a critiqués même avant d’arriver au pouvoir. Mais malgré tout, il a travaillé avec eux pour sortir le pays de cette situation. C’est ça la différence », a magnifié Me Ousmane Ngom.

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