Ouganda : la militante anticorruption Praise Aloikin emprisonnée après avoir défié le fils de Museveni

Jeudi 1 Octobre 2026

En Ouganda, elle dénonce la corruption et défie ouvertement le fils du président. La militante anticorruption Praise Aloikin est aujourd’hui en prison, poursuivie officiellement pour avoir utilisé une carte SIM enregistrée au nom de sa mère à des fins présumées illégales. Pour ses soutiens, il s'agit d'un prétexte pour faire taire Praise Aloikin, distinguée l’an dernier par l’Union européenne. Amnesty International réclame sa libération. Mais ses critiques du général Muhoozi Kainerugaba, chef de l’armée et fils du président Yoweri Museveni, trouvent désormais un écho auprès d’autres jeunes. 

Face à la caméra, Praise Aloikin affirme ne pas avoir peur de Muhoozi Kainerugaba. Sur TikTok, elle tourne le général en dérision, le qualifie même de « chou ».

Samedi 26 septembre, la militante est convoquée au commissariat pour un différend autour d’un tapis récupéré chez un nettoyeur. Selon Amnesty International, des hommes armés l’emmènent dans une voiture banalisée. Ses proches restent sans nouvelles jusqu’à lundi 28 septembre. La police conteste tout enlèvement. 


Pour Agather Atuhaire, militante et responsable de Praise au sein du centre de recherche Agora, la jeune femme paie ses critiques du général Muhoozi : « Au commissariat, il n’est plus du tout question du tapis. Les policiers lui disent : "Vous avez insulté le chef de l’armée, vous l’avez traité de chou. Maintenant, vous allez être punie" », raconte-t-elle au micro de Christina Okello.


Incitation à la violence, puis diffusion de vidéos sans licence : les autorités ougandaises envisagent plusieurs motifs avant de retenir celui de la carte SIM, explique Agather.

Depuis la détention de Praise, d’autres jeunes reprennent le mot « chou » sur les réseaux sociaux. Pour la responsable d'Agora, cette mobilisation traduit une colère qui dépasse le seul cas de Praise : « Praise a 26 ans et beaucoup se reconnaissent en elle. Les Ougandais sont excédés. À force d’enlever des gens, comme cela se fait depuis 2020, ça devient normal : les gens n’en ont plus peur. » 

Amnesty International dénonce des disparitions forcées répétées en Ouganda et demande une enquête indépendante sur le cas de Praise. 
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