Niger : la France accusée d’avoir poussé des soldats à la mutinerie

Lundi 7 Septembre 2026

Les autorités nigériennes accusent la France d’avoir joué un rôle dans une tentative de mutinerie impliquant des militaires nigériens. Niamey met également en cause le Tchad et d’autres pays africains, tandis que Paris rejette catégoriquement ces accusations, les qualifiant de « pures fantaisies ».

Les relations déjà très tendues entre le Niger et la France connaissent un nouvel épisode. Vendredi, les autorités nigériennes ont directement accusé Paris d’avoir encouragé des soldats nigériens à se mutiner dans le cadre d’une opération que Niamey présente comme une tentative de déstabilisation du pouvoir.

Ces accusations interviennent après de graves événements survenus la semaine dernière dans la capitale. Selon les informations communiquées, l’aéroport de Niamey et le palais présidentiel ont été attaqués par des militaires présentés comme des mutins.

Pour les autorités nigériennes, ces événements ne seraient pas le résultat d’une initiative isolée. Niamey affirme qu’un réseau extérieur aurait participé à la préparation ou au soutien de l’opération et désigne la France comme le principal instigateur présumé. Le Tchad ainsi que d’autres pays africains sont également cités par les autorités nigériennes dans leurs accusations.

Paris dément catégoriquement

La France rejette entièrement la version avancée par Niamey. Interrogé par RFI, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a assuré que Paris n’avait jamais eu ni l’intention ni mobilisé les moyens nécessaires pour provoquer une mutinerie au Niger.

Le chef de la diplomatie française a qualifié les accusations nigériennes de « pures fantaisies », contestant toute implication de la France dans les événements.

Deux versions diamétralement opposées s'affrontent donc : celle des autorités nigériennes, qui évoquent une opération de déstabilisation soutenue depuis l'étranger, et celle de Paris, qui dément toute participation.

Niamey menace de saisir la justice internationale

Les autorités nigériennes ne comptent cependant pas en rester aux accusations publiques. Elles menacent désormais de porter l'affaire devant la justice internationale, estimant disposer d'éléments permettant d'étayer leurs accusations.

Cette nouvelle crise intervient dans un contexte de rupture profonde entre Niamey et Paris. Depuis le renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023 et l’arrivée au pouvoir du général Abdourahamane Tiani, les relations entre les deux pays se sont fortement détériorées.

Le Niger a depuis régulièrement accusé l’ancienne puissance coloniale de chercher à déstabiliser le pays, des accusations constamment rejetées par les autorités françaises.

Cette fois, la gravité des faits allégués — une mutinerie et des attaques visant des installations stratégiques et le palais présidentiel — pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans le bras de fer diplomatique entre Niamey et Paris.
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