Naufrage du Joola : les familles réclament le recueillement des ossements pour le Musée-mémorial

Dimanche 30 Aout 2026

À l’approche du 24e anniversaire du naufrage du bateau Le Joola, l’Association nationale des familles des victimes remet au centre de ses préoccupations la question du recueillement des ossements. À l’occasion de la deuxième édition d’une randonnée pédestre organisée en prélude à la commémoration, Ely Jean-Bernard Diatta, personne ressource de l’association, a plaidé pour que les restes des victimes soient recueillis et conservés dans un reliquaire au Musée-mémorial du Joola.


Cette année, l’Association nationale des familles des victimes du Joola a choisi de placer les activités préparatoires de la commémoration sous le thème du « recueillement des ossements ». Un choix qui revêt une importance particulière pour les familles, près de vingt-quatre ans après le naufrage. « Les ossements sont destinés au Musée-mémorial. Les raisons sont simples : un musée sans les reliques du Joola, sans les ossements, est un musée vide de sens », soutient Ely Jean-Bernard Diatta, qui dit s’exprimer avec l’autorisation du président de l’Association nationale des familles des victimes.

Il estime « extrêmement important » que les ossements soient recueillis et placés dans un reliquaire à l’intérieur du Musée-mémorial. « Permettre aux familles de déclencher le processus de deuil »

Pour les familles, la démarche ne relève pas uniquement de la conservation de la mémoire de la catastrophe. Elle constituerait également une étape dans leur processus de deuil.

« D’abord, pour permettre aux familles de déclencher le processus de deuil. Comme vous le savez, nous n’avons pas été pris en charge du point de vue psychosocial depuis 24 ans », déplore Ely Jean-Bernard Diatta.

Il évoque également la souffrance persistante des proches des victimes, qui attendent toujours que les restes puissent être recueillis.

« Deuxièmement, pour libérer toutes les familles des victimes du Joola. Nous permettre de sortir de l’eau, nous permettre de dormir au moins », poursuit-il.

Pour le représentant des familles, laisser les ossements dans l’épave revient symboliquement à maintenir les victimes dans les conditions du naufrage. « Depuis 8 064 jours, elles sont cognées par la houle de l’océan », déclare-t-il.

Une randonnée pour entretenir la mémoire

C’est également dans cet esprit que la deuxième édition de la randonnée pédestre a été organisée. Les participants ont effectué le parcours en hommage aux disparus et pour maintenir vivante la mémoire du drame.

« Nous avons fait tout le trajet pour être là et, en même temps, prier pour la mémoire de nos morts », explique Ely Jean-Bernard Diatta.

Pour l’association, cette mobilisation constitue aussi un travail de mémoire destiné aux nouvelles générations et à l’opinion internationale.

« C’est en même temps un travail de mémoire pour permettre au monde entier de se rappeler que le Joola est là. Et que le Joola a coulé avec 2 000 personnes », insiste-t-il.

À quelques semaines du 24e anniversaire du naufrage, les familles entendent ainsi faire du recueillement des ossements l’une de leurs principales revendications, afin qu’ils puissent trouver leur place au sein du Musée-mémorial consacré à la catastrophe.
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