Naufrage du Joola : Cheikhna Gassama réclame la présence de Diomaye Faye et propose de rendre le 26 septembre férié

Vendredi 25 Septembre 2026

À quelques heures de la commémoration du naufrage du bateau Le Joola, Cheikhna Gassama, homme d’affaires et leader politique sénégalais très actif dans le sud du pays, interpelle le président Bassirou Diomaye Faye. Dans un entretien accordé à Exclusif.net, il réclame la présence du chef de l’État à la cérémonie, propose de faire de la date anniversaire du drame un jour férié et plaide pour l’identification des victimes inhumées dans une fosse commune. En revanche, il se dit opposé au renflouement de l’épave.

À l’approche de la commémoration de la disparition du bateau Le Joola, Cheikhna Gassama reprend la parole sur un dossier particulièrement sensible en Casamance. Le leader politique estime que la présence du président de la République à la cérémonie constituerait un geste fort envers les rescapés et les familles des victimes.

« Pour rehausser l’événement et soulager la douleur et la souffrance des rescapés et des familles des victimes, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, doit être présent. Abdoulaye Wade est le président qui s’est rendu en Casamance pour être aux côtés des familles endeuillées en 2003. Le chef de l’État actuel doit tout faire pour être là, car deux anniversaires sont passés sans qu’il fasse le déplacement », déclare Cheikhna Gassama.

« Mettre fin à cette indifférence »

L’homme d’affaires déplore ce qu’il considère comme une banalisation progressive de la catastrophe au cours des deux dernières décennies.

« On a constaté, durant ces vingt dernières années, une banalisation totale de ce drame qui a emporté plus de 2 000 âmes, en majorité des Sénégalais. Diomaye doit mettre fin à cette indifférence et être présent. Sa présence marquerait les esprits et pourrait aussi symboliser une volonté de mettre fin à certaines catastrophes dues à la négligence », soutient-il.

Cheikhna Gassama va plus loin. Il propose que la date de commémoration du naufrage soit désormais déclarée journée fériée et chômée au Sénégal.

« C’est la catastrophe la plus violente que le Sénégal ait connue. Plus de 2 000 personnes sont décédées, parmi lesquelles beaucoup de femmes et de jeunes. C’est trop lourd. À un moment donné, il faut qu’on se dise la vérité. La meilleure manière de donner à cet événement toute la solennité qu’il mérite est de déclarer le jour de la commémoration férié », propose-t-il.

Ouvrir la fosse commune pour identifier les victimes

Sur la question des victimes qui n’ont pas encore été formellement identifiées, Cheikhna Gassama plaide également pour l’ouverture de la fosse commune de Kabadio afin de permettre des investigations scientifiques.

« Il faut ouvrir cette fosse commune où sont inhumés beaucoup de nos frères et sœurs afin de procéder à leur identification, puis rendre les dépouilles à leurs familles pour qu’elles puissent les enterrer dans la dignité. Cela contribuerait aussi énormément à soulager les familles », affirme-t-il dans son entretien avec Exclusif.net.

Pour lui, les progrès scientifiques, notamment en matière d’identification, devraient être mis à contribution afin d’apporter des réponses aux familles qui attendent toujours de connaître précisément le sort de leurs proches.

Cheikhna Gassama opposé au renflouement du Joola

En revanche, Cheikhna Gassama se montre catégoriquement opposé à un éventuel renflouement de l’épave du Joola, qui repose toujours au fond de l’océan.

« En tant que croyant et musulman, je ne peux pas cautionner cette démarche. Le mieux est de continuer à prier. Dans l’état actuel des choses, renflouer le bateau pourrait créer d’autres traumatismes et raviver la douleur des familles », estime-t-il.

À travers ces propositions, Cheikhna Gassama appelle ainsi les autorités à donner davantage de solennité à la commémoration du naufrage du Joola et, surtout, à placer les rescapés et les familles des victimes au centre des initiatives liées à la mémoire de la catastrophe.

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