Mondial 2026 : la FIFA face au risque de décisions «irréalistes et imprévisibles » de Trump pendant la compétition

Mercredi 10 Juin 2026

À quelques heures de l’ouverture de la Coupe du monde 2026, prévue ce jeudi à 21h, l’attention ne se limite plus au terrain. Selon le géopolitologue Kévin Veyssière, auteur de FC Geopolitics – Mondial 2026, l’événement nord-américain s’annonce fortement marqué par l’empreinte politique de Donald Trump, redevenu président des États-Unis depuis 2025. Dans un entretien accordé à Eurosport, le spécialiste estime que l’organisation du tournoi répond désormais à une logique d’instrumentalisation politique. Pour lui, le chef de l’État américain voit dans cette compétition un levier d’influence internationale et de consolidation de son discours politique intérieur.

« Il a vu en la Coupe du monde un moyen d’instrumentalisation pour mettre en avant sa vision des États-Unis et la place qu’il veut leur donner dans le monde », analyse Kévin Veyssière, évoquant également une dimension de politique intérieure liée au discours MAGA. Le chercheur revient également sur les relations entre Donald Trump et le président de la FIFA, Gianni Infantino, qu’il décrit comme une proximité d’intérêts plus que comme une véritable alliance institutionnelle.

Selon lui, cette proximité soulève une question majeure : la FIFA dispose-t-elle réellement de leviers suffisants pour encadrer les décisions politiques américaines pendant la compétition ? « La question qui va se poser, c’est de savoir si la FIFA et Infantino ont vraiment les moyens de faire pression sur Trump », souligne-t-il, rappelant le risque de décisions unilatérales pouvant impacter le bon déroulement du tournoi.

Le spécialiste estime que la compétition pourrait être exposée à une instabilité inédite, du fait de l’imprévisibilité politique du président américain. « Donald Trump peut prendre une décision irréaliste le jour d’après », avertit-il, soulignant que cette capacité à agir de manière brusque et non anticipée constitue, selon lui, l’un des principaux risques du Mondial organisé en Amérique du Nord. Au-delà des enjeux institutionnels, la Coupe du monde 2026 pourrait également être marquée par des restrictions et tensions liées à la politique migratoire américaine.

Kévin Veyssière évoque notamment l’impact des mesures de visa et des restrictions d’entrée sur plusieurs pays, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, Haïti, le Cap-Vert et l’Iran. Selon lui, même sans ces contraintes, la participation de certaines délégations aurait déjà été complexe en raison du coût élevé du déplacement et des conditions d’entrée. Il souligne également le rôle de la diaspora, particulièrement importante pour certains pays africains, comme facteur d’équilibre face à ces restrictions.

Une Coupe du monde élargie aux enjeux économiques
Avec le passage à 48 équipes, la FIFA revendique une volonté d’ouverture mondiale. Mais pour Kévin Veyssière, cette réforme répond aussi à des logiques économiques fortes, liées à l’augmentation du nombre de matchs et de marchés potentiels. « Plus de matches, plus de nations, plus de revenus », résume-t-il, rappelant que près de 75 % du budget de la FIFA dépend des revenus générés par la Coupe du monde.
Si cette évolution permet de nouvelles participations africaines et asiatiques, elle suscite également des interrogations sur l’équilibre sportif de la compétition.


Enfin, le spécialiste évoque le cas particulier de l’Iran, dont la participation pourrait être influencée par le contexte géopolitique avec les États-Unis. Il estime que la sélection iranienne pourrait être amenée à incarner un discours politique fort, en fonction des tensions internationales. Il n’écarte pas non plus l’hypothèse d’une instabilité extrême pouvant aller jusqu’à remettre en cause la participation du pays en cas d’évolution rapide de la situation diplomatique.
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