Ministère de la Santé : deux cadres en garde à vue à la DIC pour un présumé détournement de 390 millions de FCFA

Lundi 31 Aout 2026

Une affaire de présumé détournement de deniers publics secoue le ministère de la Santé. Deux cadres de ce département ont été placés en garde à vue à la Division des investigations criminelles (DIC), dans le cadre d’une enquête portant sur la disparition présumée de 390 millions de FCFA destinés notamment au paiement d’allocations de stage.

Selon les révélations du journal Libération, les personnes mises en cause sont Pape D. et Alioune S., respectivement gestionnaire à la Direction des ressources humaines (DRH) et adjoint au chef de la division Formation initiale. Ils sont notamment soupçonnés d’association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, faux et usage de faux et blanchiment de capitaux.

Un système qui aurait fonctionné pendant plus de cinq ans

L’affaire aurait débuté en avril 2021. D’après les premiers éléments de l’enquête, la DIC a été saisie à la suite d’une plainte déposée par le ministère de la Santé.

Les investigations portent sur le système de paiement des allocations de stage accordées aux étudiants en septième année de médecine. Les bénéficiaires percevaient leurs allocations par mobile money, à raison de 240 000 FCFA tous les quatre mois.

Les enquêteurs soupçonnent les deux agents d’avoir manipulé les fichiers servant au paiement de ces allocations afin de détourner une partie des fonds. Le mécanisme présumé aurait été utilisé du 29 avril 2021 au 17 juillet 2026, pour un préjudice provisoirement évalué à 390 millions de FCFA.

Des numéros de proches introduits dans les fichiers

Selon l’enquête préliminaire citée par Libération, Pape D. et Alioune S. auraient introduit dans les fichiers de paiement les numéros de téléphone de plus d’une dizaine de leurs proches, qui n’étaient pas les véritables bénéficiaires des allocations concernées.

Une fois les sommes versées sur ces numéros via mobile money, les destinataires présumés les auraient retirées avant de les remettre aux deux principaux mis en cause.

Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer précisément l’ampleur du système, à identifier l’ensemble des personnes qui auraient pu y participer et à retracer la destination des fonds.

L’enquête de la DIC se poursuit pour faire toute la lumière sur cette affaire. À ce stade de la procédure, les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence.
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