Un dossier embarrassant éclabousse le ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire dirigé par Alioune Badara Dione. Alors que les nouvelles autorités mettent en avant les valeurs de « Jub, Jubal, Jubanti », certains responsables semblent encore loin de ces principes de bonne gouvernance.
En effet, après avoir travaillé durant sept mois sans percevoir le moindre salaire, un ancien agent du Fonds national de la microfinance (FONAMIF) a obtenu gain de cause devant le Tribunal du travail hors classe de Dakar. Par une ordonnance de référé rendue le 21 avril 2026, la juridiction a condamné l’établissement public à lui verser 1 472 380 FCFA correspondant à des arriérés de salaires couvrant la période de juin à décembre 2025.
Selon les révélations du quotidien L’Évidence, A. O. Diop avait été recruté le 2 juin 2025 dans le cadre d’un contrat à durée déterminée de sept mois pour occuper les fonctions d’agent d’appui, avec une rémunération mensuelle fixée à 210 340 FCFA. Le travailleur affirme avoir exécuté l’ensemble de ses missions jusqu’au terme de son contrat sans jamais percevoir le moindre salaire.
Devant le tribunal, le FONAMIF a contesté la demande en invoquant notamment des irrégularités dans le processus de recrutement, estimant que certaines validations administratives et budgétaires faisaient défaut. L’établissement a également soutenu que le poste occupé par le requérant ne figurait ni dans son organigramme ni dans un poste budgétaire régulièrement approuvé.
Le Tribunal du travail n’a toutefois pas suivi cette argumentation. Les juges ont considéré que le contrat produit par le requérant établissait clairement l’existence d’une relation de travail avec le FONAMIF et que celui-ci avait effectivement exécuté ses obligations professionnelles jusqu’à l’expiration de son contrat.
La juridiction a également rappelé que, conformément au Code du travail, il appartient à l’employeur de prouver le paiement des salaires réclamés au moyen de documents tels que des bulletins de paie, des registres de paiement ou des justificatifs bancaires. Or, aucune preuve de règlement n’a été apportée au cours de la procédure.
Tenant compte du caractère alimentaire du salaire et de la situation de précarité invoquée par le requérant, le juge des référés a ordonné au FONAMIF de lui verser la totalité des sommes dues, soit 1 472 380 FCFA. Le tribunal a par ailleurs rejeté l’exception d’incompétence soulevée par l’établissement public et déclaré l’action du travailleur recevable.