En réalité, dans cette affaire qui sent l’excès de zèle à mille lieux, il ne s’agit nullement de textes, mais d’un « contexte » que le patron du Cnra juge peu ou pas favorable au régime. Autrement, au-delà de ses (im)propres textes, le « régulateur » invoque implicitement un « surcroit d’indépendance » des journalistes et chroniqueurs de cette télé pour lui couper le signal. Or, au-delà de Rewmi TV, le Groupe Rewmi Network est connu pour être l’un des organes les plus mesurés de l’espace médiatique africain. Il compte le demeurer ! Les journalistes qui y travaillent sont des « obligés volontaires » d’un slogan – L’équilibre, notre credo – socle sur lequel est adossée sa réputation.
Du reste, cette attaque contre Rewmi TV et ses intérêts intervient dans le contexte d’une audience que le chef de l’Etat devrait accorder au président de la Cnra. Babacar Diagne voudrait-il en profiter pour brandir un nouveau trophée de guerre et mériter ainsi son salaire ? Nul besoin de s’y prendre autrement, en coupant le signal d’une télé dont le seul tort est d’assumer sa liberté ! « Télécommande » en mains, le président du Cnra joue avec les fréquences qu’il interrompt et rétablit selon ses humeurs. Mais, cette conception de la « régulation » a perdu la partie depuis bien longtemps. A l’époque où il était encore l’illustre directeur général de la RTS !
Le Président Macky Sall, difficilement influençable, sait mieux que quiconque, qui fait quoi et surtout, jusqu’à quelle hauteur certaines petites gens peuvent se hisser pour rester dans ses bonnes grâces, quitte à lui créer des « ennemis » imaginaires ! La cible est ratée : Rewmi TV ne va jamais attribuer au chef de l’Etat la responsabilité idéologique de cette énième agression du Cnra.
Après Walf, Sen Tv et d’autres chaînes qu’il garde bien en repérage, voilà que Rewmi TV devient la victime toute désignée du Cnra qui, d’une position d’influence, est en passe de succomber à la tentation et se transformer en une menace émergente du secteur de l’audiovisuelle.