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Manifestants tués et des nervis aux cotés des FDS : Tidiane Dieye mouille le régime de Macky Sall

Dimanche 11 Juin 2023

En Conseil des ministres réuni le 7 juin dernier, le premier après les événements du 1er au 3 juin derniers, le Président Macky Sall a, “devant la gravité sans commune mesure des faits”, réitèré “sa détermination à protéger la Nation, l’État, la République, ses valeurs, et ses fondements.” À cet effet, il a ordonné l’ouverture d’enquêtes judiciaires “immédiates et systématiques” pour faire la lumière sur les responsabilités liées à ces évènements.

“Des enquêtes seront menées mais elles ne seront pas celles annoncées récemment par le gouvernement sénégalais” sur les événements de juin 2023, a annoncé Dr Cheikh Tidiane Dieye, devant le Jdd, ce dimanche 11 juin.

A la question de savoir ces enquêtes seront menées par quelle juridiction ? Il a répondu, après avoir exprimé son pessimisme concernant les Institutions nationales, “que la mayonnaise est en train de prendre au niveau international. Les procédures sont enclenchées.” À ce propos, dit-il, l’un des avocats du leader de Pastef, “Juan Branco est en train d’abattre un travail remarquable”.

Ce n’est pas tout puisqu’a-t-il ajouté : “Ensemble, le F24 et Yewwi Askan Wi (dont il est membre) sont en train également de documenter tous ces cas.” Déjà, il donne plus de crédit au rapport circonstancié de Amnesty international, (estimant les pertes en vies humaines à 23 morts), et qui pour chaque victime, donne le nom, la profession, donne même des filiations sur la famille, le lieu où il est tombé. Pour dire que des enquêtes ont été menées et que tout ceci a été documenté.” Contrairement, appuie-t-il, au bilan du gouvernement faisant état de 16 morts.

Par ailleurs, dans son livre blanc de ces événements, le gouvernement soutient que “des manifestants étaient armés et ont tiré sur d’autres manifestants et des Forces de défense et de sécurité, parfois au moyen d’armes de guerre.” Ce que l’opposant démonte en posant le cas de l’homme en rouge filmé armé. Ce, pour lui de dire qu’“il faut savoir que le monde a changé. On peut savoir qui a fait quoi, où et quand.” Par exemple, a-t-il souligné : “L’homme en rouge qu’on a vu dans les rues, avec quelques paramètres sur google, il est possible de savoir où il a opéré ? Quelle unité de police opérait en ce moment ? Est-ce qu’il y a un jeune qui a été tué sur ce lieu ? Si on a toutes ces informations, une enquête faite ici ou à l’international pourra savoir qui pourrait être parmi les responsables. Ils seront poursuivis.”

Il martèle : “Le ministère de l’Intérieur a communiqué pour dire que des forces obscures ont été identifiées dans la rue. Malheur pour eux, la vidéo qu’ils ont montrée, une vidéo tronquée de quelques secondes montrant un homme habillé en rouge, facilement identifiable. Dès qu’ils ont fini de dire que cette personne était parmi les manifestants, on n’est pas resté longtemps avant que de jeunes sénégalais ont posté (une séquence plus longue de la vidéo) montrant le même homme qui tirait mais, qui aussitôt après est allé se ranger à côté des forces de l’ordre. Pourquoi, elles ne l’ont pas arrêté ? Soit il était parmi les forces de l’ordre, soit il était de mèche avec elles. Puisqu’elles étaient en mesure de l’appréhender mais elles ne l’ont pas fait.”

Avant d’enfoncer le clou : “Vous vous souvenez que dès 2021, lorsqu’il y a eu manifestations, les ministres de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères sont sortis tour à tour pour dire qu’il y a des forces occultes, des rebelles. Plusieurs manifestations ont été interdites sur cette base-là. C’était simplement un prétexte fallacieux. Parce qu’il leur fallait dans leur stratégie installer un sentiment de terreur et de peur dans la population pour que les Sénégalais se disent on ne peut pas aller plus loin parce que c’était suffisamment grave. Entre 2021 et maintenant, quel est le Sénégalais qui a vu un seul de ces rebelles, de ces forces obscures ou terroristes arrêté, jugé et condamné ? Aucun. C’est comme si ces personnes avaient disparu du jour au lendemain. Pour l’identification, c’est facile de citer des noms mais après les procès sont publics, qu’on nous dise, puisque c’était grave et dangereux, qu’il y a tant de forces obscures jugées au Tribunal, et les Sénégalais iraient constater. Donc, pour moi, ce n’était pas vrai.”

Pour finir, Dr Cheikh Tidiane Dièye a expliqué “qu’on ne peut accréditer leur position s’ils nous disent qu’il y aura une enquête puisque depuis deux ans, ils n’ont rien fait”, en référence aux émeutes de mars 2021.

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