Mandat d’arrêt contre Karim Keïta : que risque vraiment le fils d’IBK ?

Jeudi 8 Juillet 2021

La justice malienne a saisi Interpol et demandé l’émission d’un mandat d’arrêt international à l’encontre de Karim Keïta, que les juges veulent entendre dans une enquête sur la disparition mystérieuse d’un journaliste en 2016. Le retour à Bamako du fils d’IBK, réfugié en Côte d’Ivoire, est cependant encore plus qu’hypothétique.



Selon jeune Afrique Si l’affaire est au centre de toutes les attentions, à Bamako et au-delà, il est difficile de déterminer si le mandat d’arrêt international a bel et bien été validé par Interpol. « La demande d’émission d’un mandat d’arrêt effectué par un bureau central national d’Interpol, en l’occurrence par le bureau central malien, ne suffit pas pour que celui-ci soit acté. Il faut que la demande de diffusion soit acceptée par le secrétariat général, à Lyon », insiste Me William Julié, qui souligne que l’organisation peut très bien décider de « refuser de diffuser le mandat si elle considère qu’il est émis, par exemple, pour des raisons politiques ».


Et même en cas de validation du mandat, de nombreux observateurs se disent perplexe quant à la volonté des autorités ivoiriennes à s’y conformer. D’autant plus que le président Alassane Ouattara n’a pas caché son opposition aux coups d’État menés par Assimi Goïta, contre IBK d’abord, puis contre Bah N’Daw. Karim Keïta conserve en outre des liens solides avec des personnalités haut placées au sein de l’appareil d’État ivoirien. Après le coup d’État d’août 2018, l’ancien Premier ministre Hamed Bakayoko, décédé depuis, dont le fils d’IBK était un proche, aurait ainsi joué un rôle clé dans l’arrivée de ce dernier en Côte d’Ivoire. « L’extradition ne devrait en principe pas poser de difficultés, sauf si la politique vient à s’en mêler… », concède la source judiciaire déjà citée.

Sur le fond de l’affaire, un proche de Karim Keïta assure que celui-ci n’a rien à se reprocher et que l’affaire relève d’une « cabale ». « Il n’a jamais rencontré cette personne [Birama Touré] », assure-t-il. Le fils de l’ancien président a par ailleurs peu confiance dans la justice malienne, poursuit notre interlocuteur, prenant pour exemple la procédure pour « atteinte à la sûreté de l’État engagée contre Ras Bath et Boubou Cissé, et finalement annulée : « Il y a à peine deux mois, on a libéré cinq civils qui ont été accusés de fomenter un coup d’État et qui ont été maintenus en prison pendant quatre mois sous un prétexte fallacieux ».
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