Mame Mbaye NIANG : « Le rapport de l’Igf a été approuvé par le ministre Cheikh Diba »

Vendredi 9 Janvier 2026

À peine la perspective d’une éventuelle révision du procès en diffamation évoquée par le Procureur général près la Cour suprême que Mame Mbaye Niang sort de sa réserve. L’ancien ministre de la Jeunesse choisit l’offensive et brise le silence dans un entretien exclusif accordé à L’Observateur, où il conteste vigoureusement la manœuvre judiciaire engagée par le camp d’Ousmane Sonko.

Au cœur de la controverse : un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) brandi comme élément nouveau. Un document que Mame Mbaye Niang balaie d’un revers de main, le qualifiant sans détour de « grosse farce ». Selon lui, la chronologie à elle seule suffit à discréditer l’argumentaire adverse. « Le rapport de l’IGF dont on parle a été approuvé en 2024 par l’actuel ministre des Finances, Cheikh Diba. Or, un rapport validé en 2024 ne pouvait ni exister ni être utilisé en 2021 ou 2022 », martèle-t-il.

Pour l’ex-ministre, cette tentative de réécriture du passé judiciaire ne repose sur aucune base sérieuse et ne peut, en l’état, justifier une révision du procès. Pire, il y voit une atteinte grave aux règles fondamentales de la procédure. « La morale leur interdit de produire un rapport de l’IGF citant un ministre qui n’a jamais été entendu ni interrogé. Ils sont en train de ridiculiser l’administration sénégalaise », accuse-t-il.

Mame Mbaye Niang pousse la charge plus loin, dénonçant une incohérence flagrante dans le calendrier avancé par la défense de Sonko. « Dans un procès en diffamation où l’on vous donne dix jours pour produire un rapport, vous attendez 2024 pour nommer un ministre des Finances et lui faire approuver des enquêtes prétendument antérieures ? Il faut être sérieux », tranche-t-il.

Sur le fond du dossier Prodac, l’ancien ministre s’emploie à démonter ce qu’il qualifie de contrevérités techniques. Concernant l’ordre de service, point central de l’accusation initiale, il se montre catégorique : « Ils ont affirmé que j’avais signé un ordre de service antérieur au contrat. C’est archi-faux. Le contrat date de 2015 et l’ordre de service de 2016. »

Il rappelle par ailleurs que son rôle, strictement encadré par le Code des marchés publics, se limitait à la signature du contrat après validation par le ministère des Finances, l’exécution relevant d’autres structures administratives. Une précision qu’il estime volontairement occultée par ses détracteurs.

Affichant une sérénité assumée, Mame Mbaye Niang affirme que la thèse de ses accusateurs s’effrite d’elle-même : « Mes accusateurs me blanchissent aujourd’hui en reconnaissant qu’ils ne m’accusent plus de détournement de deniers publics. Dès lors, de quoi devrais-je avoir peur ? Qu’on soit en position de force ou de faiblesse, seule la vérité compte. »

Il prend toutefois soin de rappeler que la procédure n’en est qu’à un stade préliminaire. « La Cour suprême n’envisage pas encore de se réunir. C’est le procureur général qui a saisi les deux parties en transmettant un mémoire assorti de pièces. Mes avocats répondront pour démonter les fausses informations relevées », conclut-il.
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