Le journaliste Cheikh Yérim Seck s’est attaqué violemment au régime de Mamadi Doumbouya dans sa chronique hebdomadaire. Il évoque notamment la gestion opaque d’un régime dominé en grande majorité par les militaires, mais aussi les crimes de sang dont il impute la responsabilité aux militaires fidèles à Doumbouya, avant de revenir sur son état de santé.
« Mamadi Doumbouya vit ses derniers jours au pouvoir. Cet ex-fantassin de la Légion étrangère française voit son corps de colosse, de jour en jour, s’amincir : un foudroyant cancer en phase terminale », informe Yérim Seck sur sa chaîne YouTube.
Entré dans l’histoire de la Guinée à la faveur d’un coup d’État sanglant perpétré le 5 septembre 2021 contre son ex-mentor Alpha Condé, Doumbouya, selon le journaliste, dirige la Guinée au moyen de la force brutale, de la répression des libertés, de l’extinction dans le sang des voix discordantes, du rapt d’opposants, de journalistes, de blogueurs et de citoyens.
« L’ancien légionnaire a monté des escadrons de la mort sous la férule de son très cruel homme de main, le commandant Moriba Dantili Keïta alias Kilo, chargé des opérations secrètes de la présidence. Ce psychopathe à la gâchette automatique est l’exécuteur en chef des crimes de sang du régime, dont le dernier en date est la mise à mort par sévices corporels du commandant Toumba, annoncée le 25 mars 2026. Doumbouya, violemment extrait de la prison centrale, cruellement torturé au “Zéro”, du nom de cette esplanade du palais Mohamed V qui jouxte le bureau présidentiel et fait face à la mer, transféré comateux et presque mort à la prison de Coyah, où il a rendu l’âme quatre à cinq jours avant l’annonce officielle de son décès par l’administration pénitentiaire et le parquet de Conakry », a-t-il révélé.
Si par miracle le cancer épargne la vie de Mamadi Doumbouya, il se retrouvera devant la Cour pénale internationale aux côtés de Kilo et des tueurs de ce régime : « Cobra Soleil, Billy Condé, Ibrahima Sory Sanoh, Roméo Sangaré, Takla, Yorobo, Satan 2, Aigle Noir, Cobra 5, Ouragan, Talbot, etc., ainsi que tous les fous furieux de la très sanguinaire unité Cobra. Leur mode opératoire est connu : torture, exécution à l’arme automatique, dissolution des corps dans des barriques d’acide sulfurique. Ils vont répondre de la torture à mort, dans une salle de la présidence, du général Sadiba Coulibaly, en présence des généraux Balla Samoura, Amara Camara, Aboubacar Sidiki Camara dit le Rap ; des activistes Oumar Sylla alias Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah ; du kidnapping du journaliste Habib Marouane Camara ; des coups mortels ayant écrasé le crâne du secrétaire général du ministère des Mines, Sadou Nimaga ; de la disparition du célèbre blogueur Ousmane N’Falo ; du meurtre de Djéliman Kouyaté, le griot d’Alpha Condé ; de l’égorgement de cinq éléments du Bataillon autonome des troupes aéroportées. Ils vont également répondre d’une originalité dans l’horreur : la répression des proches des voix discordantes, notamment la mise à mort du père du journaliste Babila Keïta ; le kidnapping des deux enfants du chanteur engagé Elie Kamano ; et la prise en otage de la mère et de la sœur de l’ex-ministre Tibou Kamara, au lendemain de la publication par ce dernier d’un livre retraçant les forfaits du régime. »
Doumbouya se trompe lourdement s’il croit que le moindre de ces crimes est inconnu du monde. « Même le groupe WhatsApp “Lobby” qu’il partage avec les personnes les plus influentes de son régime a été percé. Les services de renseignement occidentaux ont documenté les conditions de la mise à mort de Sadiba Coulibaly, le meurtre du membre du… et petit frère d’Elie Kamano, les passages en très mauvais état de Foniké Menguè, Mamadou Billo Bah et Habib Marouane Camara à la prison de l’île de Fotoba puis à la base de Soronkoni, mais aussi les auditions suivies de torture à la “Case Bellevue”, du nom de la résidence de l’ex-président Sékou Touré… », rapporte Cheikh Yérim Seck.