Mali: plusieurs dizaines de camions-citernes détruits dans une nouvelle attaque jihadiste

Samedi 31 Janvier 2026

Au Mali, un nouveau convoi de camions transportant du carburant a été la cible d'une attaque attribuée aux jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) affilié à Al-Qaïda. Survenue dans la région de Kayes, dans l'ouest du pays, sur l’axe qui mène à la frontière sénégalaise, celle-ci a fait plusieurs victimes. 

Au Mali, les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) affilié à Al-Qaïda reprennent leurs attaques contre les convois de camions transportant du carburant. Ce jeudi 29 janvier, des dizaines de camions-citernes ont ainsi été détruits dans la région de Kayes, dans l'ouest du pays.

L'assaut a également fait plusieurs victimes : alors qu'un élu local cité par l'AFP affirme que trois soldats maliens et quatre assaillants ont été tués, deux corps de civils ont en outre été retrouvés ce vendredi sur l'axe qui relie Kayes à la frontière sénégalaise. Plusieurs militaires qui escortaient le convoi sont par ailleurs toujours portés disparus, rapporte notre correspondant régional Serge Daniel.

Un responsable de l'Office malien des produits pétroliers lui aussi cité par l'AFP a beau assurer qu'elle « n'impacte pas la distribution ni la disponibilité » en carburant, cette attaque n'en représente pas moins un nouveau coup dur pour le régime. Intervenue à moins de trois semaines du début du ramadan, elle se déroule également juste après l'annonce par les autorités de la prochaine mise en place d'un système de rationnement du carburant, il y a 10 jours. La mesure prévoit notamment de restreindre le nombre de passages autorisés dans les stations-service à tous les trois jours pour les voitures, et tous les deux jours pour les motos. Objectif ? « Limiter les achats excessifs et lutter contre les circuits de vente illicites », selon le gouvernement de Transition.



Kayes, une région stratégique 
Depuis un peu plus de quatre mois, les jihadistes du Jnim ont décrété un blocus économique dans le sud et dans l’ouest du Mali, deux régions par lesquelles transitent les livraisons de carburant en provenance du Sénégal et de Côte d’Ivoire. S'il était total au départ - ce qui, à l'époque, avait contraint les autorités à ordonner la fermeture des écoles et des universités pendant deux semaines -, le recours à des escortes militaires composés de soldats maliens et russes pour sécuriser les convois a ensuite permis de le desserrer et même d'améliorer nettement l'approvisionnement de Bamako au mois de décembre.

Mais depuis le début du mois de janvier, les attaques jihadistes s'intensifient à nouveau pour priver de carburant la capitale malienne ainsi que d'autres villes du pays. Elles se sont notamment déroulées dans cette même région de Kayes, stratégique du fait de ses ressources minières mais aussi de sa position de carrefour.
exclusif net
Dans la même rubrique :