Mali: le chroniqueur Ras Bath et l’influenceuse «Rose, la vie chère» condamnés à sept ans de prison ferme

Lundi 17 Aout 2026

Au Mali, le célèbre chroniqueur malien Mohamed Youssouf Bathily - alias Ras Bath -, voix critique de la junte en détention depuis trois ans, a été condamné lundi 17 août à 10 ans de prison, dont trois avec sursis, pour « atteinte au crédit de l'État » et « association de malfaiteurs ». L’influenceuse Rokia Doumbia, dite « Rose, la vie chère », a quant à elle écopé de la même peine.

Dix ans de prison ferme - dont trois avec sursis - pour le chroniqueur Ras Bath et l’influenceuse Rokia Doumbia dite « Rose, la vie chère » : à la lecture du verdict, les deux condamnés sont restés impassibles. À côté d’eux, parmi les avocats, Me Bathily, le père de Ras Bath, réfléchit à la question de savoir s’il faut, oui ou non, faire appel de cette décision de justice.


L’un des moments forts du procès, qui a attiré du monde, a été l’apparition du chroniqueur, le poing levé, dans la cour du palais de justice, sous les cris de ses partisans qui scandaient « Libérez Ras Bath ! ». Visiblement diminué physiquement, celui-ci ne s’en est pas moins affiché déterminé.



Des joutes verbales dans la salle d’audience ont également marqué la procédure. Alors que, pour l’accusation, il ne faisait ainsi aucun doute que les deux accusés étaient bien en « association de malfaiteurs » et ont porté « atteinte au crédit de l’État », la défense a, elle, balayé d’un revers de main toutes les accusations.

Procès-verbaux contredisant les propos du ministère public, droits de la défense bafoués… :  « Si, pour vous, c’est ça le droit, continuez ! », a ainsi publiquement asséné un avocat un peu comme si le verdict était connu d’avance, après que le procureur soit allé encore plus loin en demandant une condamnation, expliquant clairement qu’il fallait éloigner Ras Bath des radios et des réseaux sociaux. « C’est un danger pour les actuelles autorités », avait-il martelé.
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