Mali : le Président Assimi Goïta prend la tête du ministère de la Défense...

Lundi 4 Mai 2026

Selon une information diffusée par la télévision publique ORTM, le président de la transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, assure désormais également les fonctions de ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire tendu. Le général Goïta remplace ainsi l’ancien ministre de la Défense, Sadio Camara, décédé lors d’une attaque attribuée à des groupes armés dans la zone de Kati.


Plus d’une semaine après la mort de Sadio Camara, le président de la transition Assimi Goïta a décidé de prendre lui-même la tête du ministère de la Défense. L’annonce a été faite dans l’après-midi de ce 4 mai sur la chaîne nationale par Alfousseyni Diawara, secrétaire général de la présidence avec rang de ministre. Dans le même mouvement, Goïta a nommé le général Oumar Diarra, actuel chef d’état-major général des armées, au poste de ministre délégué auprès du ministre de la Défense.

Le décret présidentiel précise que Diarra occupe un rang protocolaire immédiatement inférieur à celui des ministres d’État. Depuis la mort de Sadio Camara, le gouvernement malien compte deux ministres bénéficiant de ce statut : le général Ismaël Wagué, en charge de la Réconciliation, qui fut l’un des acteurs du coup d’État d’août 2020 contre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), ainsi qu’Alousséni Sanou, le ministre de l’Économie et des Finances.


Le contexte. Ces décisions interviennent dans un climat sécuritaire particulièrement tendu, au lendemain de la mort de Sadio Camara, tué le 25 avril dans une attaque visant son domicile. Ce jour-là, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont mené des offensives coordonnées contre plusieurs positions militaires, permettant notamment la reprise de Kidal. Resté silencieux pendant trois jours, Assimi Goïta s’est exprimé le 28 avril lors d’une adresse à la nation, assurant que « la situation était maîtrisée » et qu’un « violent coup d’arrêt » avait été infligé aux assaillants, dont le « plan funeste » a été déjoué selon lui.


Pourquoi c’est important. En reprenant directement la main sur le ministère de la Défense, Assimi Goïta confirme son emprise sur l’appareil sécuritaire. Avant même sa prise de parole publique, le chef de l’État malien avait reçu une délégation de militaires russes conduite par l’ambassadeur à Bamako, Igor Gromyko, signe de l’attention portée à ce partenariat stratégique avec Moscou. Au cœur des échanges : la poursuite de la coopération avec Africa Corps, rattachée au ministère russe de la Défense. Sadio Camara constituait jusqu’alors le principal interlocuteur de la junte avec Moscou ; le chef de l’État reprend donc désormais personnellement ce canal.


La nomination d’Oumar Diarra apparaît, elle aussi, comme un signal politique. Proche du chef de la junte, il a été nommé par ce dernier chef d’état-major seulement deux semaines après le renversement d’IBK, en août 2020. Depuis, le maintien de ce général de division à la tête de l’armée, malgré des revers meurtriers subis par les FAMa, avait nourri des tensions entre Assimi Goïta et Sadio Camara. Le premier avait toutefois imposé sa décision, tout en concédant à son ministre de la Défense la possibilité de placer certains de ses proches à des postes clés.

En cumulant désormais les fonctions de chef de l’État et de ministre de la Défense, Assimi Goïta retrouve des prérogatives qu’il endossait déjà lorsqu’il était vice-président de la transition, entre septembre 2020 et mai 2021. Une période durant laquelle il supervisait les questions sécuritaires, avant qu’il ne décide d’écarter le président de transition Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane pour s’imposer à la tête du pays.

Avec Jeune Afrique 
 
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