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Mali : la junte ferme la porte à tout dialogue avec les groupes terroristes

Vendredi 8 Mai 2026

Le gouvernement malien a annoncé refuser le "dialogue" avec "les groupes armés terroristes", près de deux semaines après des attaques sans précédent des jihadistes et des rebelles touareg contre la junte et alors que la capitale, Bamako, subit un nouveau blocus économique.



Le Mali est en proie à l'incertitude après cette vaste offensive coordonnée menée les 25 et 26 avril par des jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), allié à Al-Qaïda, et la rébellion du Front de libération de l'Azawad (FLA), à dominante touareg.

Depuis fin avril, les jihadistes imposent un blocus routier à Bamako, bloquant plusieurs axes essentiels menant vers la capitale, dépendante comme le reste de ce pays enclavé des importations arrivant par la route.

"Le gouvernement du Mali n'envisage pas de dialogue avec les groupes armés terroristes sans foi ni loi qui portent la responsabilité des événements tragiques que vivent nos populations depuis des années", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop lors d'une rencontre jeudi soir avec le corps diplomatique.

"Le FLA a librement choisi de prendre fait et cause pour un groupe extrémiste reconnu comme terroriste par l'Organisation des Nations unies", a-t-il ajouté, en référence à la coordination de la rébellion avec le JNIM.



Plusieurs villes et localités du Nord sont désormais sous contrôle des jihadistes et de leurs alliés du FLA. Le ministre de la Défense Sadio Camara, un des piliers de la junte, a été tué dans un attentat-suicide à Kati, fief du régime situé près de la capitale. Il a été remplacé par le chef de la junte, Assimi Goïta, qui cumule désormais les deux fonctions de président et de ministre.

Alors que la junte est affaiblie, plusieurs interpellations d'opposants et de militaires ont eu lieu ces derniers jours dans les zones sous contrôle des militaires, aux commandes du pays sahélien depuis 2020. Il est toutefois difficile de vérifier le nombre et l'identité exacte des personnes concernées.

Par ailleurs, le blocus décrété par les jihadistes depuis le 30 avril sur Bamako continue de produire ses effets négatifs sur des axes essentiels menant vers la ville.

Les jihadistes ont brûlé ces derniers jours plusieurs convois transportant des marchandises sur les routes, ont rapporté à l'AFP un témoin, une source sécuritaire et un élu local.

"Je suis de Kassaro, un village situé sur l'axe Bamako-Kayes. Mercredi, nous sommes tombés sur des cargaisons de poissons frais auxquelles les djihadistes ont mis le feu", a dit à l'AFP une habitante de ce village.

Un élu local a confirmé l'information à l'AFP, affirmant avoir tout fait pour dissuader ces convois de continuer leur route vers Bamako sans escorte, sans succès: "Ils ont dit qu'ils ont des produits périssables".
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Vendredi, les "axes Kayes-Bamako et Kita-Bamako restaient bloqués" par les jihadistes, "occasionnant des besoins humanitaires de plus en plus pressants", a indiqué un travailleur d'une ONG locale à Kita (sud-ouest).

"Des centaines de personnes qui ont quitté leur domicile n’ont pu arriver à Bamako. Elles restent entassées ici et dorment à même le sol", a-t-il ajouté.

Un fonctionnaire en poste à Ségou (centre) a raconté à l'AFP avoir pris "deux jours" pour voyager entre Bamako et son lieu de travail, pour un trajet qui dure trois heures en temps normal.

Selon un conducteur, plusieurs véhicules et bus de transport stationnés à une centaine de kilomètres de Kati ont toutefois pu entrer jeudi à Bamako, sous escorte de l'armée malienne et de ses alliés russes du groupe paramilitaire Africa Corps.

Jeudi, les jihadistes ont annoncé dans une vidéo l'ouverture d'un "couloir humanitaire pour les malades".Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique (EI), les attaques des indépendantistes touaregs et des groupes criminels communautaires.

AFP

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