Macky et ONU : Mohamed Mbow appelle à recentrer le débat sur les priorités nationales

Samedi 28 Mars 2026

Dans un contexte marqué par de vives polémiques autour de la candidature de l’ancien président Macky Sall à un poste  de sécretaire Général de l'ONU, Mohamed Mbow, coordonnateur de la Commission nationale des personnes en situation de handicap de la coalition Diomaye Président, a pris position en appelant à un recentrage du débat national.

D’emblée, il souligne la posture des autorités actuelles, affirmant que « le Président reste fidèle aux orientations de l’opinion publique ». Une déclaration qui intervient alors que la question du soutien ou non à cette candidature continue de susciter des divisions au sein de la société sénégalaise.

Pour Mohamed Mbow, il est urgent de dépasser cette polémique. « Il apparaît nécessaire de dépasser la question de cette candidature, qui a profondément divisé la société sénégalaise et continue, à bien des égards, de détourner l’attention des véritables priorités nationales », a-t-il déclaré.

Selon lui, les enjeux actuels auxquels fait face le Sénégal sont d’une tout autre ampleur. « En effet, le Sénégal fait aujourd’hui face à des défis majeurs qui exigent lucidité, cohésion et mobilisation collective », insiste-t-il, évoquant notamment une situation économique fragile et un héritage lourd laissé par les précédentes années de gouvernance.

Il rappelle à cet effet que « le régime du Président Bassirou Diomaye Faye a hérité d’un pays traversant une conjoncture particulièrement difficile », caractérisée par « une situation économique fragilisée et marquée par un passif estimé à plusieurs centaines de milliards ».

À ces difficultés économiques s’ajoute, selon lui, une crise sociale profonde. « À cela s’ajoute une fracture sociale importante, consécutive à des épisodes de tensions ayant occasionné de lourdes pertes humaines », dans un contexte politique fortement marqué par l’ère de Macky Sall.

Dans ce cadre, Mohamed Mbow estime que la candidature de ce dernier à une haute fonction internationale soulève inévitablement des interrogations. « Cette candidature, censée incarner la promotion des droits des individus et des peuples, suscite des interrogations et des controverses », affirme-t-il.

Il nuance toutefois la perception internationale de l’ancien chef de l’État. « Si son image peut, à l’extérieur, apparaître consensuelle, elle ne saurait occulter, aux yeux de nombreux Sénégalais, le souvenir encore vif des épreuves traversées et des violences subies », a-t-il soutenu.

Abordant la question de la solidarité nationale, Mohamed Mbow adopte une position mesurée : « Certes, le principe de solidarité nationale commande, en théorie, de soutenir tout compatriote aspirant à des responsabilités internationales. Toutefois, ce soutien ne saurait être automatique ni dénué d’esprit critique ».

Pour lui, toute candidature à un poste de cette envergure doit répondre à des exigences strictes. « Il implique une évaluation rigoureuse des parcours, des actes et de leur conformité aux valeurs universelles que ces fonctions sont censées incarner », a-t-il précisé.

Enfin, il considère que la position des autorités sénégalaises pourrait avoir une portée au-delà du contexte immédiat. « La posture adoptée pourrait être interprétée non seulement comme un choix politique circonstancié, mais également comme un signal normatif fort », a-t-il indiqué.

Et d'ajouter : « Elle pourrait, à terme, constituer une forme de jurisprudence morale et politique, invitant les futurs dirigeants à inscrire leur action dans le respect strict des principes démocratiques et des droits fondamentaux ».
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