M. le Président, buvez le calice jusqu'à la lie! (Par Chimère Lopy)

Lundi 6 Juillet 2020

Écrire sur les embrouilles à l'Alliance pour la république (Apr), c'est rarement que je l'ai fait. Si ce n'est dans le cadre de mon travail de journaliste. Mais la dernière sortie du député Moustapha Cissé Lô, quoique licencieuse, est à ranger dans le cadre d'une défection d'un soldat du "Macky" qui a décidé de retourner l'arme contre son général. Quand certains épiloguent sur les conséquences de ces dérives, je cherche à cerner les causes. Car Macky Sall s'est, depuis son arrivée au pouvoir en mars 2012, évertué à faire la promotion d'une légion d'individus qui se distinguent par leur propension à insulter tous ceux qui critiquent la gestion de Macky Sall. Les adversaires politiques et tous les récalcitrants ont subi les affres de cette armée sans pitié. Pour arriver à ce résultat, Macky Sall a procédé à deux choses: écarter les compagnons "encombrants" et, au même moment, projeter la lumière sur les insulteurs publics.

D'abord, le Président Sall a évincé l'essentiel de ses compagnons de la première heure. Quand il n'a pas orchestré leur départ du parti, il a tout fait pour les mettre en cage. C'est ainsi qu'il a éloigné des hommes et des femmes de qualités de la gestion du pouvoir: Me Alioune Badara Cissé (ex numéro 2 du parti confiné à la Mediature), Professeur Mary Teuw Niane (ancien ministre de l'enseignement Supérieur réduit au rang de PCA), Marieme Badiane (ancienne présidente des femmes républicaines et professeur de Macky Sall, bâillonnée avec un rang de ministre d'état), Thierno Alassane Sall (ancien patron des cadres républicains) a été tout simplement chassé du parti suite à un désaccord sur un contrat avec Total. Et tant d'autres personnalités qui ont préféré geler leurs activités politiques.

Ensuite, ayant fini de faire le vide autour de lui, Macky Sall a, pour le combler, choisi de s'entourer des gens promts à insulter pour, soit disant, le défendre contre vents et marées. Ainsi donc, Farba Ngom (la seule qualité est d'être le griot du président de la république), Yaxam Mbaye (théoricien de la dynastie Faye-Sall, qui a traité Me Wade de "vieux sénile" et Guy Marius Sagna de "Chien"), Mame Mbaye Niang (qui traque Idrissa Seck), Abdou Mbow (qui a été sans pitié avec Me ABC), Moustapha Cissé Lô (traite Ousmane Sonko de "rebelle"), le zélé Boughazzeli qui tire sur tout le monde, Souleymane Jules Diop, celui-là même qui avait traité Macky Sall "d'incompétent"...forment la légion. Ils sont propulsés au devant de la scène devenant ainsi les visages du régime en place. Tout est fait sous l'œil vigilant de Macky Sall s'il n'est pas l'instigateur. Il n'a jamais tenté d'arrêter cette houle d'injures qui s'abattait sur ses adversaires politiques. Et comme si cela ne suffisait pas, il a recyclé Farba Senghor, Pape Samba Mboup pour traiter Karim Meissa Wade de "rat".

Par ailleurs, la gestion des cas de dérives par la justice de Macky Sall a engendré le désordre. Les "insulteurs" du camp de Macky Sall sont épargnés tant dis que les dérives relevées au niveau du camp adverse sont immédiatement réprimées. Penda Bâ qui a abreuvé d'injures toute une communauté (wolof) a eu droit à un traitement digne d'une médaillée Olympique. Au moment où Assane Diouf a été rapatrié des états-unis pour être jeté en prison. Adama Gaye a été incarcéré pour des écrits jugés offensants. Aujourd'hui, le Karma frappe, et M. le Président, vous devez boire le calice jusqu'à la lie.
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