Licenciements abusifs dans le public : le Premier Ministre rappelle les directeurs à l'ordre

Vendredi 31 Juillet 2026

Le Premier ministre Al Aminou Lo entend mettre un terme aux licenciements jugés irréguliers dans les entreprises publiques. Quelques jours après avoir facilité la réintégration de neuf agents de la SN HLM, le chef du gouvernement a annoncé l'élaboration d'une circulaire destinée à encadrer plus strictement la gestion des ressources humaines dans les structures parapubliques.

Présentée en Conseil des ministres, cette initiative vise à rappeler aux ministres de tutelle et aux dirigeants des entreprises publiques l'obligation de se conformer aux dispositions légales en matière de recrutement et de licenciement. « Les décisions prises par les organes exécutifs en matière de gestion des ressources humaines devront se conformer aux lois et règlements en vigueur, en veillant en particulier au strict respect des procédures édictées par la législation du travail », a insisté le Premier ministre.



Depuis l'arrivée du nouveau régime, plusieurs milliers de travailleurs ont été licenciés dans différentes administrations et sociétés publiques. Une partie de ces décisions a été contestée devant les juridictions, plusieurs salariés obtenant gain de cause pour licenciement abusif. Ces condamnations représentent aujourd'hui plusieurs centaines de millions de francs CFA à la charge de l'État. L'affaire des neuf agents de la SN HLM, récemment réintégrés après une médiation du Premier ministre, est perçue comme le premier signal d'une volonté d'apaisement des tensions sociales.

Les syndicats saluent l'initiative

Les organisations de travailleurs ont favorablement accueilli cette annonce. Pour le président du Rassemblement des travailleurs du Sénégal (RTS), Boubacar Fall, cette circulaire constitue une avancée importante. « Nous avons accueilli avec beaucoup de satisfaction la circulaire annoncée par le Premier ministre, car il faut mettre définitivement un terme à ces pratiques moyenâgeuses », a-t-il déclaré.

Toutefois, il estime que cette mesure ne répond que partiellement aux attentes des travailleurs, appelant le gouvernement à s'intéresser également au sort des milliers de salariés déjà licenciés. Selon lui, plusieurs dizaines de milliers de personnes restent concernées par les vagues de licenciements intervenues depuis 2024 et attendent toujours une solution.



De son côté, le Collectif Interministériel des Agents de l'Administration Sénégalaise (CIAAS) a salué la réintégration des agents de la SN HLM, qu'il considère comme un signal positif. L'organisation invite toutefois les autorités à accélérer le règlement des dossiers concernant d'autres structures publiques, notamment le Port autonome de Dakar, Dakar Dem Dikk, le ministère des Mines, le PUMA, la DER/FJ ou encore plusieurs programmes relevant de différents ministères. Le collectif estime également que la circulaire annoncée répond à une revendication de longue date des organisations syndicales et pourrait contribuer à restaurer un climat social plus serein.


Au-delà de la question des licenciements, plusieurs observateurs estiment que cette réforme devra également s'attaquer aux pratiques de recrutements à caractère politique qui ont, au fil des alternances, fortement alourdi les effectifs et la masse salariale des entreprises publiques.

En annonçant cette nouvelle circulaire, le gouvernement affiche ainsi sa volonté de renforcer le respect du droit du travail, tout en cherchant à prévenir de nouveaux contentieux et à instaurer une gestion plus rigoureuse des ressources humaines dans le secteur public.
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