Libye : un haut responsable du renseignement militaire assassiné à Benghazi

Mardi 11 Aout 2026

Un haut responsable du renseignement militaire libyen a été tué lundi 10 août dans un attentat à Benghazi, dans l’est du pays. Fawzi Al-Mansouri, chargé du renseignement militaire dans cette région, a été tué par un engin explosif fixé à son véhicule, selon plusieurs sources sécuritaires.

Le général de division venait de quitter la mosquée Sayyida Aisha, située dans le quartier d’al-Hawari, où il résidait, lorsqu’il a été pris pour cible. L’explosion a détruit une partie de son véhicule. Des images présentées comme celles de la scène du drame ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux.

Les circonstances exactes de l’attentat restent toutefois à établir. Les sources sécuritaires qui ont confirmé la mort de Fawzi Al-Mansouri n’ont fourni, dans l’immédiat, aucune indication permettant d’identifier les auteurs ou les commanditaires de l’attaque.

Un mode opératoire qui rappelle les années de violence

Dans un communiqué, le commandement général de l’Armée nationale libyenne (ANL) estime que le mode opératoire utilisé rappelle celui des attaques perpétrées avant 2014 contre des officiers de l’armée à Benghazi.

Cette référence aux années de violences laisse planer le soupçon d’une implication de groupes islamistes extrémistes. Aucune responsabilité n’a toutefois été officiellement établie à ce stade.

Le général Al-Mansouri occupait un poste particulièrement sensible au sein de l’appareil sécuritaire de l’est libyen. La nature de ses fonctions l’amenait à gérer plusieurs dossiers sensibles, ce qui pourrait élargir le cercle des pistes examinées par les enquêteurs.

Une attaque qui ravive les inquiétudes

L’assassinat intervient alors que Benghazi connaît depuis plusieurs années une accalmie relative après les affrontements et les assassinats ciblés qui avaient marqué la ville.

Depuis 2014, les attaques visant directement des officiers de haut rang de l’ANL ou des responsables sécuritaires étaient devenues beaucoup plus rares dans l’est du pays. Les autorités de cette région mettent régulièrement en avant le retour de la stabilité et l’amélioration de la situation sécuritaire.

L’attentat contre Fawzi Al-Mansouri vient néanmoins rappeler la persistance de certaines tensions et la vulnérabilité des responsables militaires.

Selon Reuters, le mode opératoire utilisé présente des similitudes avec certaines attaques ayant ciblé par le passé des responsables militaires libyens. Plusieurs chefs militaires ou responsables de milices ont également été assassinés ces derniers mois à Tripoli et dans l’ouest du pays.

Dans plusieurs de ces affaires, les enquêtes annoncées par les autorités n’ont pas encore permis d’établir publiquement les responsabilités.

Pour l’heure, les autorités libyennes n’ont pas désigné de suspect dans l’assassinat de Fawzi Al-Mansouri. L’enquête devra notamment déterminer qui a placé l’explosif sur son véhicule et quelles pourraient être les motivations derrière cette attaque.
Dans la même rubrique :