L’ancien Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye a été reçu ce samedi par le président de la République Bassirou Diomaye Faye dans le cadre des consultations nationales engagées autour des grandes questions politiques, économiques et sécuritaires du pays. À l’issue de cette rencontre, l’ancien chef du gouvernement a livré une analyse sans détour de la situation économique et sécuritaire du Sénégal, plaidant pour une redéfinition des partenariats internationaux du pays et un élargissement des axes de coopération afin de faire face aux difficultés actuelles.
« Nous traversons une crise qui n’est pas indépendante des crises que nous vivons sur le plan international. La crise interne est liée à beaucoup de facteurs, notamment à la rareté des moyens », a-t-il déclaré. Sur le plan économique, Souleymane Ndéné Ndiaye a évoqué les difficultés liées aux relations entre le Sénégal et certaines institutions financières internationales. « Le Sénégal, depuis quelques années, ne reçoit plus de subsides du Fonds monétaire international. Je pense qu’il y a lieu de revoir cette coopération avec le FMI. Il faut, de façon générale, revoir nos relations avec l’Union européenne et d’autres institutions multilatérales », a-t-il soutenu.
L’ancien Premier ministre a également appelé les autorités à diversifier davantage les partenaires économiques du Sénégal, en s’inspirant notamment de la politique d’ouverture internationale menée sous l’ère du président Abdoulaye Wade. « Il faut aussi aller chercher des ressources ailleurs, comme l’avait fait le président Wade en ouvrant des voies de coopération en dehors des relations bilatérales classiques : vers le Brésil, l’Inde, la Chine, les pays arabes, etc. Je pense que tout cela pourrait nous aider à dépasser la situation économique assez difficile que nous traversons », a-t-il expliqué.
Abordant la situation sécuritaire, Souleymane Ndéné Ndiaye a insisté sur la nécessité pour le Sénégal de renforcer la surveillance de ses frontières orientales, en raison de l’instabilité observée dans certains pays voisins. « Évidemment, sur le plan sécuritaire, le Sénégal a intérêt à surveiller ses frontières situées à l’est du pays, en raison des troubles enregistrés dernièrement dans un pays ami et frère », a-t-il averti.
Enfin, l’ancien chef du gouvernement a salué l’initiative du dialogue politique engagé par le chef de l’État, qu’il considère comme un cadre utile pour favoriser les échanges entre acteurs aux sensibilités différentes. « Tout cela méritait d’être débattu avec des gens qui n’ont pas nécessairement les mêmes positions politiques que lui. Je salue cette initiative, parce que le dialogue permet de briser la glace. Il permet à des gens qui ne se sont jamais vus, qui ne se sont jamais rencontrés, d’échanger sur des questions d’intérêt national », a magnifié Souleymane Ndéné Ndiaye.