« Les frappes d’Israël et des États-Unis contre l’Iran sont immorales et illégales », selon Badr bin Hamad Al Busaidi, ministre des Affaires étrangères d'Oman

Dimanche 8 Mars 2026

La guerre qui oppose actuellement l’Iran aux États-Unis et à Israël pourrait-elle fragiliser l’axe stratégique qui unit Washington, Tel-Aviv et certains pays du Golfe ? La question se pose avec acuité alors que le conflit commence à produire des effets collatéraux dans la région.

Ces derniers jours, l’Iran a lancé plusieurs attaques contre le sultanat d’Oman, visant notamment des intérêts occidentaux. Face à cette escalade, le chef de la diplomatie omanaise a condamné les actions militaires menées par les États-Unis, Israël et l’Iran au cours de la semaine dernière, lors d’une réunion de la Ligue arabe.

Dans un message publié sur le réseau social X, le ministre des Affaires étrangères d’Oman, Badr bin Hamad Albusaidi, s’est dit « heureux » de participer à une réunion virtuelle avec ses homologues de la Ligue arabe. Mais il n’a pas caché son inquiétude face à la spirale de violence qui menace de déstabiliser l’ensemble de la région.

« Les actions menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran sont à la fois immorales et illégales », a-t-il écrit. « Mais les représailles de l’Iran contre ses voisins sont également profondément regrettables et inacceptables. J’appelle toutes les parties à faire preuve de retenue, à conclure un cessez-le-feu et à revenir de toute urgence à la diplomatie. »

Des frappes qui touchent directement Oman

Les attaques ont particulièrement visé plusieurs infrastructures stratégiques du sultanat. Au port de Duqm, des drones ont frappé à plusieurs reprises, notamment les 1er et 3 mars 2026. Un réservoir de carburant a été touché, provoquant une explosion et blessant au moins un employé.

Le port de Salalah a également été ciblé par des frappes de drones, accentuant les inquiétudes concernant la sécurité des installations maritimes dans la région.


La tension s’est également déplacée vers les eaux territoriales omanaises.
Un membre d’équipage a été tué lors d’une attaque contre un pétrolier au large de Mascate. Un autre navire a été frappé au nord du port de Khasab, faisant quatre blessés parmi l’équipage.

Une riposte liée au conflit régional

Selon plusieurs sources diplomatiques, ces frappes s’inscrivent dans une riposte iranienne plus large visant les alliés et les intérêts des États-Unis dans la région, après l’offensive américano-israélienne lancée le 28 février 2026.

Toutefois, le ministère iranien des Affaires étrangères a tenté d’atténuer la portée de ces actions, affirmant que certaines unités militaires pourraient agir de manière indépendante et que Téhéran ne souhaite pas s’en prendre à ses voisins.

Malgré ces déclarations, le sultanat d’Oman a officiellement dénoncé ces attaques devant les Nations unies, soulignant les risques d’une extension du conflit à l’ensemble du Golfe.
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