À l'instar d'Alcibiade menant Athènes au gouffre par ses aventures mégalomanes, ou des factions romaines déchirant le Sénat dans l'ivresse de l'hybris, le Sénégal s'abîme dans le même tragique naufrage : celui d'un grand dessein collectif dévoyé par les ambitions claniques de Pastef et de Kiiraay, chacun s'arrogeant une part du pouvoir pour en servir une lecture opportuniste, et mué en un ferment de division qui enfonce durablement la patrie dans les abîmes du reniement.
En évoquant ces figures tutélaires et ces luttes d'influence, à l'image des factions romaines déchirant le Sénat dans l'ivresse de l'hybris, cette démesure et cet orgueil aveugle, la crise politique actuelle s'inscrit dans la grande lignée des tragédies historiques. L'histoire universelle nous enseigne que les jeunes démocraties et les nations en quête d'émancipation ne périssent jamais véritablement des menaces extérieures, mais bien de l'égocentrisme et de l'hubris de leurs propres élites, promptes à sacrifier l'intérêt général sur l'autel de chapelles politiciennes.
Ce qui devait incarner un grand dessein collectif, un projet de rupture et de transformation profonde pour le pays, a été confisqué, morcelé et instrumentalisé. À force d'ambitions claniques et de postures partisanes, Pastef et Kiiraay se sont arrogé chacun une part du pouvoir pour n'en livrer qu'une lecture étriquée et opportuniste, taillée sur mesure pour la conquête ou la conservation des privilèges, bien loin des urgences et de la souffrance des citoyens.
Enfin, ce détournement n'est pas sans conséquence pour le corps social. Loin de porter l'espoir promis, cette guerre de positions se mue en un redoutable ferment de division. Elle fracture la nation, distend le pacte républicain et enfonce durablement le Sénégal dans les abîmes du reniement, piétinant par la même occasion les aspirations légitimes d'un peuple tout entier qui méritait bien mieux que des querelles de paladins.
Pourtant, face à la déchirure de ses institutions et aux excès de ses factions, la Rome antique n'a su conjurer le pire qu'en remettant l'édifice civique à l'endroit : en restaurant la prépondérance du mérite et en replaçant les hommes intègres à la mesure de leur charge, subordonnant ainsi la ferveur des factions à la stricte intangibilité de la loi. C'est uniquement par un tel sursaut d'éthique républicaine, où l'intérêt supérieur de la patrie supplante définitivement les calculs claniques, que notre nation conjurera le péril de son propre naufrage.
Assane Diop
Pôle Recherche, Veille et Analyse du CECAR
En évoquant ces figures tutélaires et ces luttes d'influence, à l'image des factions romaines déchirant le Sénat dans l'ivresse de l'hybris, cette démesure et cet orgueil aveugle, la crise politique actuelle s'inscrit dans la grande lignée des tragédies historiques. L'histoire universelle nous enseigne que les jeunes démocraties et les nations en quête d'émancipation ne périssent jamais véritablement des menaces extérieures, mais bien de l'égocentrisme et de l'hubris de leurs propres élites, promptes à sacrifier l'intérêt général sur l'autel de chapelles politiciennes.
Ce qui devait incarner un grand dessein collectif, un projet de rupture et de transformation profonde pour le pays, a été confisqué, morcelé et instrumentalisé. À force d'ambitions claniques et de postures partisanes, Pastef et Kiiraay se sont arrogé chacun une part du pouvoir pour n'en livrer qu'une lecture étriquée et opportuniste, taillée sur mesure pour la conquête ou la conservation des privilèges, bien loin des urgences et de la souffrance des citoyens.
Enfin, ce détournement n'est pas sans conséquence pour le corps social. Loin de porter l'espoir promis, cette guerre de positions se mue en un redoutable ferment de division. Elle fracture la nation, distend le pacte républicain et enfonce durablement le Sénégal dans les abîmes du reniement, piétinant par la même occasion les aspirations légitimes d'un peuple tout entier qui méritait bien mieux que des querelles de paladins.
Pourtant, face à la déchirure de ses institutions et aux excès de ses factions, la Rome antique n'a su conjurer le pire qu'en remettant l'édifice civique à l'endroit : en restaurant la prépondérance du mérite et en replaçant les hommes intègres à la mesure de leur charge, subordonnant ainsi la ferveur des factions à la stricte intangibilité de la loi. C'est uniquement par un tel sursaut d'éthique républicaine, où l'intérêt supérieur de la patrie supplante définitivement les calculs claniques, que notre nation conjurera le péril de son propre naufrage.
Assane Diop
Pôle Recherche, Veille et Analyse du CECAR