Lancement du parti présidentiel : Déthié Fall, Guirassy et Dièye appelés à clarifier leur position

Samedi 25 Juillet 2026

À quelques heures du lancement du parti présidentiel de Bassirou Diomaye Faye, plusieurs membres du gouvernement sont au centre des interrogations. Selon L'Observateur, cette nouvelle étape de la recomposition politique pourrait contraindre certains ministres à afficher clairement leur camp après la rupture entre le chef de l'État et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko.

Le quotidien s'intéresse particulièrement à Déthié Fall, ministre des Infrastructures, Moustapha Guirassy, ministre de l'Éducation nationale, et Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement. Tous trois, à la tête de départements stratégiques, sont restés discrets depuis la séparation politique entre les deux anciens alliés.

Historiquement proches d'Ousmane Sonko, avec qui ils avaient notamment participé à la création de la coalition APTE et entretenu des relations politiques avant son congrès, ces responsables se retrouvent aujourd'hui face à un choix que L'Observateur juge déterminant : rejoindre ouvertement la nouvelle dynamique portée par Bassirou Diomaye Faye ou demeurer fidèles au président de l'Assemblée nationale.

Interrogés par le journal, le sociologue Dr Abdou Khadre Sanogo et l'enseignant-chercheur à l'UCAD Dr Malao Kanté estiment que cette situation d'ambiguïté ne saurait durer au sein de l'exécutif.

Selon eux, le président de la République a besoin d'un gouvernement reposant sur une majorité politique clairement identifiée et sur des soutiens assumés. Ils considèrent ainsi que ces ministres devront soit adhérer à la nouvelle mouvance présidentielle afin d'accompagner l'action du chef de l'État, soit quitter le gouvernement s'ils choisissent de poursuivre leur engagement politique aux côtés d'Ousmane Sonko.

Les deux universitaires soulignent toutefois qu'un soutien au président Bassirou Diomaye Faye n'impliquerait pas nécessairement la disparition des formations politiques dirigées par ces ministres. Ils évoquent la possibilité d'un « compagnonnage autonome », permettant à ces partis de conserver leur identité tout en soutenant l'action gouvernementale.

Pour illustrer cette hypothèse, ils rappellent le précédent de Benno Bokk Yaakaar, où le Parti socialiste (PS) et l'Alliance des forces de progrès (AFP) avaient conservé leur autonomie tout en accompagnant l'Alliance pour la République (APR) de Macky Sall au sein de la coalition présidentielle.
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