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« La révolution n’a pas atteint 10 % » : le réquisitoire de Koccbarma Ndiaye de PASTEF

Lundi 26 Janvier 2026

« La révolution n’a pas atteint 10 % » : le réquisitoire de Koccbarma Ndiaye de PASTEF
La voix est celle d’un militant engagé, mais aussi d’un citoyen préoccupé par l’évolution du projet politique qu’il dit avoir soutenu avec conviction. Dans une tribune largement relayée, Koccbarma Ndiaye, Sénégalais de la diaspora et militant du Pastef, livre une analyse sévère de la dynamique actuelle du changement promis, pointant un écart croissant entre les idéaux initiaux et certaines pratiques observées.

D’emblée, le ton est grave. « La révolution qu’on a lancée n’a même pas atteint 10 % de ce qu’on espérait et ça fait mal de le dire », affirme-t-il, dénonçant ce qu’il perçoit comme un relâchement progressif. Selon lui, plusieurs faiblesses structurelles se font aujourd’hui sentir : « Nous avons énormément d’attitudes dont on doit se départir. Aujourd’hui, on sent un affaiblissement et la présence de l’émotion : manque de compétences concrètes, manque de rigueur, manque de vrais sacrifices. »

Pour Koccbarma Ndiaye, l’un des marqueurs essentiels du projet politique initial était le « don de soi » et l’engagement sur le terrain. Or, regrette-t-il, « le projet qui parlait de “don de soi”, de descendre sur le terrain, de servir avant de profiter… donne parfois l’impression inverse : on voit plus la jouissance que la continuité du combat ».

L’auteur insiste longuement sur la question de l’exemplarité des dirigeants. « Avant, nos leaders donnaient une image forte. On les voyait au milieu du peuple, au milieu des réalités. Aujourd’hui, ce symbole s’est refroidi », écrit-il. À ses yeux, le développement ne saurait être uniquement une affaire de discours ou de décisions administratives. « Le développement ne commence pas seulement dans les bureaux ou dans les discours : il commence dans l’attitude, dans l’exemple », soutient-il, ajoutant que « quand ceux qui dirigent montrent qu’ils vivent les difficultés du peuple, le peuple tient. Quand ils paraissent loin, le peuple doute ».

Sur le fond des politiques publiques, Koccbarma Ndiaye exprime une déception face au rythme des réformes annoncées. « Beaucoup d’idées de départ semblent s’être éteintes ou ralenties : des mesures concrètes contre la corruption, la discipline dans l’administration, des réformes annoncées avec force… et puis silence, ou lenteur », observe-t-il, avant d’alerter : « Pendant ce temps, les privilèges, eux, semblent toujours là. Et ça, c’est dangereux pour la confiance. »

La question des primes accordées aux Lions du Sénégal, notamment celle de 75 millions de francs CFA par joueur, occupe également une place centrale dans sa réflexion. Se voulant respectueux mais ferme, il précise : « Oui, je suis fier des Lions. Ils ont honoré le Sénégal mais il faut aussi rappeler une chose : porter le maillot national est déjà un immense honneur, un privilège rare que la nation offre. » Il rappelle que pendant que les joueurs étaient sur le terrain, « le peuple aussi supportait et se battait : dans les champs, au travail, dans les maisons, dans la précarité ».

Dans un contexte économique difficile, il s’interroge sur l’opportunité d’une telle décision. « Dans un pays où l’État peine à acheter l’arachide de nos agriculteurs, où beaucoup de secteurs manquent d’oxygène, donner 75 millions à chaque joueur ressemble plus à un geste d’émotion qu’à une décision de priorité », estime-t-il, plaidant pour une reconnaissance « avec mesure, en regardant d’abord la situation du pays ».

Koccbarma Ndiaye se défend de toute intention polémique. « Je n’écris pas ces lignes pour attaquer. J’écris parce que j’aime ce pays. Parce que je veux que notre projet reste propre, sérieux et fidèle à sa promesse », écrit-il. Et de rappeler que « le Sénégal n’a pas besoin de mise en scène. Il a besoin de courage, de discipline, et de leaders qui montrent l’exemple ». Pour lui, le « don de soi pour la patrie » ne saurait être un simple slogan, mais « une manière de vivre et de gouverner ».
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