La guerre du bois en Casamance

Mardi 9 Janvier 2018

Derrière l’attaque de samedi à Boffa en Casamance se cacherait un règlement de compte pour le contrôle du trafic de bois dans la région. Et c’est le Mfdc, organisation d’abord soupçonnée d’être à l’origine de l’attaque, qui dégage en touche et qui pointe le doigt sur un conflit autour du bois de Casamance. 

Le mouvement rebelle demande « aux autorités sénégalaises d’orienter leurs enquêtes vers » des responsables administratifs et militaires locaux, « à la tête d’un vaste ré- seau de coupe clandestine et de vente illicite du bois de teck ». Selon le Mfdc, le bois ciblé est le teck. Cet arbre tropical qui produit un bois pré- cieux est très recherché notamment pour la fabrication de ponts de bateaux et de meubles de jardin. Il pousse en Casamance, une des régions les plus boisées du Sénégal, voisine de la Guinée-Bissau et de la Gambie, et fait l’objet de nombreuses convoitises et de trafics. 

(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); La rébellion lie plus précisément le massacre de samedi à un conflit entre des scieries locales, dont la « forte concurrence a fini par instaurer une atmosphère d’animosité entre les employés ». Le lieu de l’incident, dans une forêt classée, démontre que les assaillants étaient motivés par un règlement de compte. «Ce n’est pas lié au conflit casamançais, c’est une affaire entre coupeurs de bois, c’est le teck qui suscite toute cette convoitise car chaque groupe essaie de contrôler une zone ». Plusieurs incidents de ce genre ont été notés et il y a eu déjà des attaques entre coupeurs de bois. « Ce n’est pas un fait nouveau », relativise un journaliste, correspondant d’un organe de presse dans la région. 

Le maire de Ziguinchor Abdoulaye Baldé a indiqué sur les antennes de Tfm, que les populations de Ziguinchor ont constaté depuis quelque temps, des charrettes remplies de bois vers 3 heures du matin qui sortent de la forêt. Au point que des villageois ont mis en place des comités de défense pour protéger les ressources de la forêt. «Une économie de guerre s’est développée dans la zone », explique le maire. (adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({});
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