La démocratie sénégalaise, Inna lillah wa inna ilayhi raaji'uun. (Par Oswald SARR)

Dimanche 25 Février 2024

Quoi me dites-vous ? Le Sénégal est une grande démocratie 
Pour la première fois dans notre histoire on ne fera pas comme on en a l’habitude : aller voter pour choisir démocratiquement le prochain Président de la République du Sénégal.

Pourtant c’est un Président scandant qu’en homme de foi et d’honneur – Gorr leu - il ne ferait pas moins que ces prédécesseurs qui pourrait mettre en péril les fondements de ce qui fait de nous une exception autour « d’une ceinture de feu » ouest-africaine. Oui en effet, on nous bassine toujours ces paroles comme évangile : il est le mieux informé, il sait ce que nous ne savons pas car c’est le mieux informé du pays. Ceci à raison ! Justement c’est parce que nous, le peuple, lui avons donné tout le nécessaire pour qu’il veille scrupuleusement sur nous, du paysan au marchand ambulant, femmes et enfants.


D’accord Monsieur le Président c’est pourquoi en douze ans le peuple sénégalais vous a laissé le loisir de mobiliser plus 40000 milliards de nos maigres ressources au prix fort d’une charge de la dette budgétivore tant que les Sénégalais y trouveront leur compte : l’amélioration de leurs conditions de vie. Est-ce le cas ? On ne s’avancerait pas sur ce terrain quand les différents rapports épinglent une gestion scabreuse dont personne ne peut voir l’efficience de l’utilisation des ressources. Votre lourd coude nous prive de notre droit le plus primaire : l’information.

Ce 25 février jour du rendez-vous tant attendu avec le peuple qui vous a tant donné, vous avez aussi décidé de votre gré de lui priver non seulement d’un autre droit – celui d’exprimer le suffrage - mais également de la seule fête populaire qui aurait pu être bien écrite pour l’histoire qui sera racontée à nos enfants, les élections présidentielles. Attention Monsieur le Président ! Dans le jargon pénal on vous qualifierait délinquant - quelqu’un qui commet des délits – récidiviste.


Depuis ce début du mois de février, les différents revirements qui nous ont précipité dans ce rendez-vous manqué écrivent une page inédite de notre histoire. Pour la première fois depuis 1848, date des premières élections législatives dans le Sénégal colonial, les citoyens ne pourront pas exercer leur droit de vote. Une démocratie jusqu’alors renforcée avec un lourd tribut payé pour la protection des acquis. La vitrine démocratique qu’était le Sénégal s’est brisée et on pouvait s’y attendre au regard des évènements de ces dernières années.


Nous avions déjà compris le jeu des maints tours et manœuvres politiciens pour retarder cette fin de règne pour des raisons aussi absurdes qu’un dialogue, une prétendue corruption, une proposition de loi d’emblée retoquée que sais-je encore ? Vous voulez dialoguer alors que c’est vous le problème. Il suffit de constater que tous les dialogues initiés ont débouché sur des désaccords profonds. A quoi bon cet énième dialogue. S’il vous plaît : « pitié pour celui qui, ayant épuisé toutes ses réserves de mépris, ne sait plus quel sentiment éprouver à l’égard des autres et de lui-même ». Sunu date ! Our date ! On veut la date et puis c’est tout !


Quand, après plus de vingt ans à sillonner les lambris dorés du pouvoir (depuis Wade) le Président dit craindre de laisser un pays au bord du précipice, c’est qu’on doit s’interroger sur sa responsabilité première dans ce qui nous a mis dans cette situation.  Aujourd’hui, l’intérêt supérieur de la Nation est le refrain de ceux qui n’avaient, n’ont et n’auront que faire ce cette Nation. Vos faucons vous ont perdu dans un jeu dont l’issue est cette impasse que notre pays a empruntée. Où sont-ils ? La question lunaire de votre protégé Yakham Mbaye lors de l’interview est assez révélatrice de ce manque de sérénité dans vos rangs. Le mal est déjà fait. La perception négative est là comme une balle enfoncée qu’il est impossible d’enlever même en voulant que les Sénégalais retiennent votre bilan matériel. Cette fracture est plus forte et ne peut être oubliée même une loi d’amnistie ne saurait la réparer. La solution : organiser des élections très rapidement et tourner cette page. D’autres pourront rebâtir une nouvelle histoire.

Oui l’exception de la Démocratie sénégalaise autour de cette ceinture de feu est à ranger aux annales de l’histoire. Que faire ?
Invoquons le verset 156 de Al Baqara, Inna lillah wa inna ilayhi raaji'uun. Ce dimanche 25 février 2024 en lieu et place d’aller voter, nous irons assister à la messe de Requiem et prier Lux aeterna dans l’espoir qu’une lumière jaillisse de ces futurs incertains.
 
Oswald SARR
 
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