LFR 2026 : Amadou Bâ défend le rapport de la Commission des finances et menace de sortir la « VAR » face au gouvernement

Mardi 3 Novembre 2026

La tension est montée d’un cran à l’Assemblée nationale lors des échanges autour du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Accusée par le gouvernement d’avoir introduit des erreurs et des déclarations inexactes dans son rapport, la Commission des finances a trouvé en Amadou Bâ un défenseur particulièrement offensif. Le député a contesté les reproches formulés par les ministres, notamment sur les projets hospitaliers, le pouvoir d’achat et les fonds spéciaux. Pour départager les deux camps, la présidence de séance a même proposé de recourir à la « VAR », en référence aux enregistrements des travaux en commission.

Le bras de fer entre le gouvernement et les députés de la Commission des finances et du contrôle budgétaire s’est poursuivi ce mardi 3 novembre 2026, à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances rectificative.

Au cœur de la controverse, le contenu du rapport parlementaire, dont plusieurs passages ont été contestés par les membres du gouvernement. Ces derniers ont notamment mis en cause la fidélité de certaines déclarations qui leur étaient attribuées lors des travaux préparatoires.

Une lecture vivement rejetée par le député Amadou Bâ, qui a défendu le sérieux du travail effectué par ses collègues.


Le premier point de désaccord concerne les projets hospitaliers prévus à Mbour, Kaolack, Bakel, Ziguinchor et Saint-Louis.

Alors que le gouvernement conteste la place accordée à ces infrastructures dans le rapport, Amadou Bâ soutient que la question a été soulevée à plusieurs reprises en commission.

Selon le parlementaire, les députés s’étaient notamment inquiétés de l’absence de crédits de paiement destinés à ces projets dans la LFR 2026.

Il affirme également que les lignes budgétaires correspondantes ne figurent plus dans le projet de loi de finances initiale pour 2027.

Pour Amadou Bâ, ces éléments justifiaient pleinement les interrogations des parlementaires sur la poursuite et le financement des infrastructures hospitalières.

Pouvoir d’achat : « Empêcher la hausse des prix, ça me semble crucial »

Le député a également répondu aux critiques du gouvernement concernant les observations de la commission sur les dépenses sociales et le coût de la vie.

Pour lui, les préoccupations relatives à la protection des ménages et aux risques d’augmentation des prix ont bel et bien été abordées lors des discussions.

« Préserver le pouvoir d'achat des Sénégalais et empêcher la hausse des prix, ça me semble crucial », a-t-il martelé.

Amadou Bâ estime ainsi que ces questions ne peuvent être écartées du débat budgétaire, compte tenu de leurs conséquences directes sur les conditions de vie des populations.


Face aux divergences persistantes entre les ministres et les députés sur le contenu des travaux en commission, la présidence de séance a proposé de recourir aux enregistrements audiovisuels pour établir les faits.

« On peut sortir la VAR et montrer ici dans cette salle-là ce qui s'est passé en commission », a lancé le président de séance.

Cette référence à l’assistance vidéo à l’arbitrage, utilisée dans le football, a illustré la tournure prise par les échanges.

L’objectif affiché était de confronter les déclarations des différentes parties aux enregistrements officiels afin de vérifier si les propos contestés figuraient effectivement dans les discussions.



La confrontation s’est également poursuivie sur la question des fonds spéciaux, sujet sensible dans les débats sur la transparence des finances publiques.

Amadou Bâ a rappelé qu’un député de l’opposition avait interrogé le gouvernement sur la possibilité d’encadrer ces fonds au moyen d’une loi organique.

Selon lui, cette interrogation figurait bien parmi les préoccupations exprimées en commission.

Le parlementaire a notamment reproché aux représentants de l’exécutif d’avoir invoqué une décision du Conseil constitutionnel sans répondre, à ses yeux, à la question de fond soulevée par les députés.

« On ne peut pas dénaturer vos propos. Ne vous permettez pas de dénaturer les nôtres », a-t-il averti.



Cette nouvelle passe d’armes illustre les désaccords qui ont marqué les discussions entre le gouvernement et la représentation nationale autour de la LFR 2026.

Au-delà des chiffres et des arbitrages financiers, le différend porte désormais sur la restitution même des échanges intervenus en commission.

La controverse s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu, alors que l’Assemblée nationale a finalement mis un terme à l’examen du projet de loi n° 40/2026 après l’adoption d’une question préalable par 109 députés, contre 20 et trois abstentions.

L’épisode de la « VAR » restera l’une des séquences marquantes de cette confrontation parlementaire, révélatrice de la profondeur des divergences entre les ministres et les députés sur le contenu du collectif budgétaire.
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